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vendredi, 14 octobre 2011

Le colloque Ethique & Investissement sur l'ISR et la RSE

Quelle évaluation sociale et sociétale pour l’entreprise ? Comment promouvoir de nouveaux comportements pour une nouvelle croissance ?
Tels étaient les deux thèmes retenus par l'association Ethique & Investissement pour les débats organisés hier jeudi 13 octobre à l’Institut catholique de Paris. Ces derniers étaient introduits par Elena Lasida, directrice du master 2 « économie solidaire et logique de marché » de la Catho, et par Marie-Laure Payen, présidente de Ethique et investissement. 

Sophie des Mazery, directrice de Finansol, et Aurélie Baudhuin, analyste ISR Meeschaert, ont rapporté les fondamentaux de leur approche dans leur analyse financière et extra-financière, de projets solidaires pour l'une, des sociétés cotées pour l'autre.

Gaspard Verdier, consultant spécialiste en « Impact investing », a ensuite exposé les enjeux de cette activité en plein essor. Elle recouvre le financement de projets et entreprises conçues pour délivrer un rendement financier et avoir un impact social/sociétal positif.

La deuxième partie des débats était réservée à Jean-Michel Severino, ancien dirigeant de l'AFD. Aujourd'hui président d’une société de gestion de fonds dédiée aux investisseurs d’Afrique, il a dressé les lignes de force de l'économie mondiale.
La première est l'inversion des raretés : la nature hier abondante est devenue rare tandis que la population humaine s'est fortement accrue. « Si on enlève 1 milliard d’humains sur la planète, la race humaine continue à évoluer. Si on enlève 1 milliard de forêts, la survie de l’espèce est menacée. »
La deuxième ligne de force est que l'accroisement des inégalités de revenus est devenu le fondement de la croissance économique.
Enfin, les modes de croissance sont inversés entre l'OCDE et les pays émergents : d'un côté, un recours à l'endettement, public ou privé, de l'autre, l'accumulation d'excédents budgétaires et d'épargne.
Cette situation connaît ses limites, a fait remarquer Jean-Michel Severino : il faut rembourser la dette, mais les pays émergents ont peur de la défaillance et des défauts de paiement de leurs clients, les pays riches.
Pour éviter une confrontation brutale entre l'OCDE et les pays émergents, il faut une coopération internationale, se traduisant dans la fiscalité, mais aussi la reconstruction des marchés intérieurs, un recyclage intelligent des excédents budgétaires des émergents.

 

Pour le Danemark, la croissance verte se conjugue avec la Corée et le Mexique

Le premier forum des leaders de la croissance verte -Green Growth Leaders Forum ou 3GF-, s’est tenu les 9 et 10 octobre dernier à Copenhague.
Pourquoi parler d’un énième forum autour de la croissance verte ? Parce qu’il s’agit là d’un cas d’école très instructif.
Ce forum est né en décembre de la volonté de deux états, le Danemark, membre de l’Union européenne mais pas de la zone euro, et la Corée du Sud. Le Mexique les a rejoint ensuite. L’objectif ? promouvoir la croissance verte auprès du G 20, lors du sommet de Durban, organisé par l’ONU à la fin de l’année. Les moyens ? les partenariats publics-privés.
Deux points donnent à réfléchir :
- un état européen s’allie à deux états émergents pour favoriser ses entreprises (ABB, Novozymes…),
- l’alliance des forces publiques et privées est considérée comme le fondement indispensable pour garantir la croissance.
Conclusion :
- l’Union européenne n’existe pas,
- laisser la croissance aux mains des marchés financiers est une sottise.