lundi, 13 mai 2013

Du solaire aux télécoms, la guerre commerciale sino-européenne

Enfin ! Près de deux ans après les Etats-Unis, l'Europe va se protéger des importations des panneaux solaires chinois.
A partir du 6 juin prochain, elles seront taxées à hauteur de 47 % en moyenne, avec une amplitude allant de 37 à 68 %.
Il s'agit là d'une bataille commerciale de taille, les importations chinoises étant évaluées à 21 milliards d’euros.
L'Union a-t-elle des chances de la gagner ?
Malheureusement, je ne le pense pas.
D'abord, il est trop tard : la Chine a déjà presque réduit à néant les capacités productives en Europe où elle exporte 80 % de ses productions. Ensuite, le passé nous a appris la faiblesse de l'Europe. Souvenez-vous de la taxe carbone aérienne sur les vols intercontinentaux. La Chine ayant menacé de geler ses commandes d'Airbus, la Commission a fait marche arrière en repoussant l'éventualité de la taxe à l'automne 2013... La Commission ayant besoin de l'aval des 27 membres de l'Union, il y a au moins 1 chance sur 27 que les taxes solaires ne passent pas.
Par ailleurs, comme nous l'expliquions le 12 février dernier, la Chine elle-même souffre de surproduction. La clientèle européenne est indispensable à la survie de ses propres entreprises et l'on peut être certain de sa riposte.

Celle-ci a déà commencé. Au moment où l'Union informait de sa volonté de taxer le solaire chinois, la Chine informait de son côté qu'elle allait lancer une procédure anti-dumping contre les fabricants européens de tubes sans soudure, dont le numéro un mondial est le français Vallourec. Cela peut faire sourire mais la Chine est le troisième consommateur mondial de ces tubes, indispensables au transport du gaz et autres liquides...
Enfin, derrière les industries renouvelables ou d'équipements, se profile un dernier dossier, bien plus sensible, celui des équipementiers télécoms. Huawei et ZTE sont dans le collimateur de la Commission qui les soupçonne de pratiques anti-concurrentielles. Celà, c'est la version officielle. Officieusement, ces deux groupes serviraient à l'espionnage industriel et politique chinois. C'est pour cette raison que ZTE par exemple est interdit sur le territoire des Etats-Unis.
Ici aussi, il est peu probable que l'Europe soit capable d'agir. Ne serait-ce que parce que les éuipementiers européens, Alcatel ou Nokia, refusent de collaborer avec elle de peur de rétorsions...

 

 

 

vendredi, 03 mai 2013

M&A, due diligence and ESG criterias

Vous me pardonnerez l'emploi du globish ? C'est que l'étude dont je vais vous parler vient du cabinet d'audit Pwc qui s'est penché sur la prise en compte des critères ESG -sociaux, environnementaux et de gouvernance- lors de l'évaluation des entreprises dans le cadre d'une fusion-acquisition.
Les investisseurs ayant horreur du risque, ils se préoccupent de plus en plus de ces critères, environnementaux notamment. Le cabinet a interrogé 16 grandes entreprises européennes et 63 % d'entre elles analysent systématiquement la trace environnementale des sociétés qu'elles pourraient acquérir. L'influence sur l'environnement est mieux mesurable et suscite plus de risque majeur que les critères sociaux (44 %) ou de gouvernance (38 %), elle est donc plus facilement évaluée.
Cependant, les critères sociaux reprennent de la force lorsque la fusion-acquisition concerne une entreprise située dans les pays émergents, tout comme les questions de gouvernance, en raison de l'ampleur de la corruption et de la fraude.
Les critères ESG ont un impact certain sur les transactions. Insuffisants ou mauvais (contamination des sols, relations sociales houleuses...), ils ont provoqué, pour 1 entreprise sur 5, l'arrêt de la négociation soit l'obtention d'un prix diminué. En revanche, de bons critères ne suffisent pas à relever le prix. La faute sans doute au vendeur...
Les industries alimentaire et manufacturière sont le plus en pointe dans l'utilisation des critères ESG, loin devant la pharmacie, les médias et la construction.

mercredi, 01 mai 2013

Le Bengladesh, deuxième fournisseur textile de l'Europe

Ce 1er mai, fête du travail, était jour de deuil à Dacca, capitale du Bengladesh. Les manifestants réclamaient des têtes après la mort de plus de 400 ouvrières dans l'incendie d'une usine textile. La triste occasion de mettre en lumière les pratiques de la grande distribution et des grandes marques de vêtements qui se fournissent dans ce pays d'Asie. Toujours plus à la recherche de bas salaires, elles ont en effet quitté la Chine, naguère grand fournisseur, où le coût de la main d'oeuvre s'est accru. Au Bengladesh, on peut encore trouver de la main d'oeuvre prête à travailler pour 30 euros par mois, avec six jours de travail par semaine et 10 heures par jour passées dans les « sweat factories » (ateliers à sueur).
Ce scandale aura-t-il des effets positifs ? A court terme, certainement, plusieurs enseignes -Primark, Benetton- ayant reconnu se servir chez le fournisseur indélicat et ayant décidé d'aider les familles des décédés. En France, les marques Carrefour et Leclerc, un temps montrées du doigt, ont démenti être clientes de ce fournisseur.
Bien entendu, l'Union européenne a demandé au Bengladesh d'améliorer les conditions de travail et la sécurité dans ses 4 500 entreprises textiles. La morgue de l'Union a suscité un tollé dans le pays : n'est-il ps le deuxième fournisseur textile de l'Europe, derrière la Turquie ? Et l'Union ne devrait-elle pas plutôt mettre en place des droits non de douane mais « sociaux » ?
Pour en savoir plus sur ces pratiques, faites un tour sur le site du collectif Ethique pour l'étiquette ou celui de Peuples solidaires...

lundi, 29 avril 2013

L'impact investing, c'est pour juillet en Europe

Enfin ! Le réglement européen sur les fonds d'impact investing, dits « EuSEF » est sorti. Il entrera en vigueur le 12 juillet prochain.
Rappelons que l'impact investing est un investissement dans des entreprises qui cherchent à répondre à un besoin social tout en tirant un rendement financier. De plus en plus d'établissements financiers proposent des fonds d'impact investing. Le label européen en facilitera la commercialisation.
Pour obtenir le titre EuSEF, les fonds devront être proposés par des investisseurs dotés d'au moins 100 000 euros, investir 70 % de leur actif dans des entreprises sociales et être capable de mesurer l'impact social de ces dernières.
Que faut-il attendre de cette mesure ? un coup d'accélérateur seulement. En effet, les entreprises sociales à la sauce européen doivent répondre à trois critères très stricts. D'abord, fournir un bien ou un service à des personnes vulnérables, marginalisées, défavorisées ou exclues et utiliser un mode de production en corrélation avec son objectif social ; ensuite, consacrer leurs bénéfices à la réalisation de l'objectif social principal ; enfin, elles doivent mener une gestion transparente vis-à-vis de leurs parties prenantes -salariés, clients, bénéficiaires.
En France, concrètement, il existe suffisamment d'entreprises sociales pour offrir un « univers d'investisseent » assez large pour les fonds d'impact investing. En revanche, peu d'institutionnels proposent des fonds d'impact investing. Ces derniers sont majoritairement des produits financiers dits 90/10, alimentés par l'épargne des particuliers et n'investissant que 10 % dans des entreprises solidaires.

 

 

jeudi, 25 avril 2013

Clients des banques, gare à vos dépôts supérieurs à 100 000 euros

Après le scandale chypriote, les députés européens sont parvenus à un compromis sur le cadre de résolution bancaire. Rappelons qu'il avait été proposé en juin 2012 par la Commission bancaire pour limiter les conséquences des faillites des banques sur l'économie.
Les députés ont donc adopté ce cadre avec deux points majeurs :
1 / Déposants : Protection absolue des dépôts de moins de 100.000 euros, avec recours éventuel aux fonds nationaux de garantie de dépôts ;
2 / Bail-in : les créances sur les banques seront soit diminuées soit converties en actions de ces dernières. Les déposants seront les derniers touchés par un bail-in et les premiers remboursés lors du retour à meilleure fortune tandis que les
contrats dérivés, qui jouissent d'une compensation centralisée, auront un «traitement préférentiel».
Le texte de résolution bancaire sera voté en commission des affaires économiques et monétaires en mai prochain.
L'objectif de ce cadre est de diminuer les interventions de l'ESM. C'est louable en soi mais il faut noter qu'il fragilisera un peu plus l'économie « réelle ». En effet, si les particuliers sont rares à disposer de 100 000 euros de liquidités sur leurs comptes, les entreprises, elles, détiennent souvent des réserves supérieures à ce montant. Avec la résolution bancaire, elles se verront dépouiller de leurs avoirs et être traitées comme des créanciers alors qu'elles sont clientes...

 

mardi, 23 avril 2013

Pour ABB, le solaire vaut encore 1 milliard de dollars

 

Concurrence chinoise, baisse des soutiens publics n'intimident pas ABB. Le groupe suisse achète, pour 1 milliard de dollars, soit 790 millions d'euros, l'américain Power One, second mondial des onduleurs photovoltaïques derrière l'allemand SMA.
ABB se renforce ainsi dans les mécanismes de transformation en courant alternatif de l'énergie produite par les panneaux.
Une bonne nouvelle dans un secteur en crise profonde, dont viennent de sortir les allemands Bosch et Siemens.

 

jeudi, 18 avril 2013

Vers une envolée du PIB américain d'ici trois mois

Non, non, je ne parle pas ici d'un retour à la croissance forte mais d'un changement d'outil de mesure.
La croissance se mesure par l'évolution du PIB ou produit intérieur brut, richesse créée au niveau d'une nation en un an. En juillet, les Etats-Unis modifieront le calcul de leur PIB en s'appuyant sur les standards internationaux de comptabilité nationale conseillés par l'ONU.
Désormais, les richesses non matérielles, comme par exemple la recherche & développement ou les royalties tirées d'un jeu vidéo ou d'un film seront considérées comme des créations de richesse. Du coup, le PIB devrait croître de 3 %. Outre qu'elle permettra au pays de faire bonne figure, cette mesure -artificielle comme toutes les mesures- aura une autre conséquence, positive : réduire le rapport dette sur PIB, actuellement autour de 100 %.
Autre impact positif, pour les comptes des entreprises : la recherche & développeemnt ne sera plus considérée comme une charge mais comme un investissement, amortissable sur plusieurs années. Du coup, les bénéfices seront tirés vers le haut.
Certains pourront se gausser d'un tel ravalement. Pas la plupart des femmes qui savent combien le maquillage peut doper le moral...

 

vendredi, 05 avril 2013

L'ISR en France : toujours plus

Selon l'agence Novethic, l'investissement social responsable en France fait toujours plus recette. En 2012, le marché a progressé de 29 % pour atteindre 149 milliards d'euros.
Le point positif est que l'analyse ESG ou « environnementale, sociale et de gouvernance », sur laquelle se fonde l'ISR, est de plus en plus utilisée par les gérants, quelle que soit l'orientation de leur fonds. Elle est ainsi systématiquement diffusée dans les bases de données d'information pour 2 260 milliards d'euros.
L'ISR séduit essentiellement les investisseurs institutionnels -caisses de retraite ou assureurs- qui en détiennent 72 % des encours. Les particuliers ne représententent que 28 % du marché, soit une légère baisse par rapport à 2011 (30 %).
A 53 %, les placements ISR sont concentrés sur les obligations, soit plus du double du monétaire (25 %) et des actions (20 %).

vendredi, 15 février 2013

La Financière Responsable présente sa stratégie d'investissement

Olivier Johanet et Stéphane Prévost, fondateurs et dirigeants de la société de gestion Financière Responsable, ont expliqué, hier jeudi, la stratégie d'investissement utilisée pour leur fonds action Euro Développement Durable.
L'originalité de leur approche se situe à deux niveaux. D'abord, dans leur processus d'analyse ISR (Investissement social responsable) puis dans leur sélection de valeurs de croissance.
L'approche ISR est couplée à une méthode dite de gestion intégrale ou IVA qui sélectionne les sociétés au positionnement le plus favorable en matière de responsabilité sociétale. Après exclusion (licenciements secs au cours des 3 dernières années, activités en lien avec les mines anti-personnel et les bombes à sous-munitions et infractions aux droits de l'homme), les gérants évaluent sept domaines en particulier, tels le management et son engagement, les pratiques en ressources humaines, l'intégration des parties prenantes (clients, fournisseurs, partenaires...), la gouvernance...
Baptisé « Integral Growth », le process de sélection final privilégie les entreprises ayant accompli ou en cours de révolution stratégique. Pour expliquer leur analyse, Olivier Johanet et Stéphane Prévost utilisent l'image du damier d'échecs sur lequel les entreprises se déplacent, pour se recentrer, pour élargir leur métier ou encore renverser leur métier ou leur vision de ce dernier. Avec Lauriane Faure, directeur du développement, ils ont ainsi présenté deux valeurs à succès de leur fonds, le spécialiste des solutions du vide Pfeiffer Vacuum et le groupe automobile Volkswagen.
Dans le premier cas, la réussite tient à la transformation du métier : en 4 ans, Pfeiffer Vacuum est passé, par acquisitions, de la simple production de pompes à vide à l'offre d'une chaîne complète du vide, dégageant une valeur ajoutée plus élevée.
Dans le second cas, il s'agit d'une modification profonde et à deux niveaux de la chaîne de production. Volkswagen a modifié l'organisation de la fabrication en adoptant une architecture commune à tous les véhicules produits. Quelle que soit leur gamme, ils sont montés à partir de modules standard. Ensuite, pour éviter qu'une erreur dans les modules se répercute sur l'ensemble des produits, le groupe a adopté à partir de 2007 un programme de diffusion de l'information en quatre blocs : le Volkswagen way ou amélioration continue des process, l'Ideen Management ou la remontée des idées des collaborateurs, la centralisation des plaintes des clients et, enfin, le Think Blue qui réunit les parties prenantes pour une mobilité plus durable.

 

mardi, 12 février 2013

Le solaire chinois ou l'arroseur arrosé

En subventionnant massivement les exportations de ses producteurs de panneaux photovoltaïques, la Chine a, ces deux dernières années, provoqué la quasi-disparition de leurs concurrents, européens essentiellement (l'Europe absorbe 80 % des exportations chinoises), les Etats-Unis ayant rapidement riposté par des mesures douanières protectionnistes.
Aujourd'hui, la Chine d'où proviennent les deux tiers des panneaux solaires fabriqués dans le monde, se trouve à son tour dans la tourmente.
Selon le cabinet d'études américain GTM Research, la capacité de production des sociétés chinoises s'élèverait à 50 gigawwats de panneaux par an, soit le double de la demande mondiale... Dans ces conditions, on comprend que les prix aient chuté de 75 % depuis 2008 et que les entreprises chinoises soient à leur tour entrées dans la valse des faillites. En décembre dernier, le gouvernement chinois a décidé d'interdire aux banques locales de prête aux producteurs.
Cette déroute industrielle a aussi des conséquences financières : les banques chinoises auraient prêté pour près de 20 milliards de dollars de prêts préférentiels à l'industrie photovoltaïque nationale, la China Dévelopment Bank en supportant 7 milliards...



 

mercredi, 16 janvier 2013

Actionnaires de sociétés cotées : non aux indemnités de départ abusives

Proxinvest, agence de conseil en droits de vote aux assemblées générales, « a décidé, à partir de 2013, de limiter dans sa politique de vote toute indemnité de départ » pour les dirigeants qui serait supérieure à une année de rémunération.
Cette attitude se justifie sur les pratiques des actionnaires.
Selon son 14ème rapport sur la rémunération des dirigeants du SBF 120, sur la seule saison 2012, « le taux d’opposition des actionnaires a augmenté d’un tiers ». Ceux de Safran, d'Air France-KLM ou de Foncière Paris France ont même rejetté des résolutions sur ce sujet.
« Il est important pour l’image de bonne gouvernance de la place de Paris que les sociétés contrôlées évitent aussi ces indemnités de départ, précise Proxinvest. Ainsi lors de la dernière assemblée générale de Crédit Agricole SA, une résolution proposant une indemnité de deux années de rémunération en cas de rupture du contrat de travail de Jean-Yves Hocher obtenait 84% d’approbation.
Si ce score peut paraître élevé au premier abord pour une indemnité de départ, c’est en fait 80% des voix des actionnaires minoritaires qui s’y sont opposées si on exclut les voix de l’actionnaire de contrôle (les caisses régionales). »

lundi, 14 janvier 2013

Efficacité énergétique et gabegie de l'Union européenne

Sévère, la Cour des comptes européenne retoque les investissements de la Communauté européenne pour améliorer l'efficacité énergétique dans les pays membres de l'Union : « Cela revient à dire que ces fonds n’ont pas été dépensés de manière judicieuse, car la durée de vie des composants remis à neuf ou des bâtiments est plus courte que cela, et que les fonds peuvent être dans une large mesure considérés comme perdus du point de vue de l’efficacité énergétique ».
Depuis 2000, les Fonds relevant de la cohésion ont cofinancé pour 5 milliards de mesures écoénergétiques. Dans la pratique, « les projets auxquels les autorités des États membres avaient accordé un financement ne comportaient pas d’objectifs rationnels en termes de rentabilité, c’est-à-dire de coût par unité d’énergie économisée ». Harald Wögerbauer, de la Cour des comptes, est remonté : « aucun des projets que nous avons examinés n’était assorti d’une évaluation des besoins ni même d’une analyse du potentiel d’économies d’énergie au regard des investissements ».

Une fois de plus, l'Union européenne prouve son incapacité à promouvoir une politique énergétique intelligente et efficace. Gribouille président européen ?

 

 

 

lundi, 17 décembre 2012

PUMA fait évaluer son compte de résultat environnemental

Publié en novembre 2011, le compte de résultat environnemental du groupe de sport PUMA, filiale de PPR, a été soumis à un panel de 22 experts. Ce compte de résultat environnemental avait estimé l’impact des activités et de la chaîne d’approvisionnement à 145 millions d’euros pour 2010.
Dans les conclusions du rapport, les améliorations suggérées nourriront la réflexion des responsables développement durable ou gestion des risques des entreprises. Soulignons :
- Qualité du traitement des déchets : lier l'importance des impacts à la qualité de gestion des déchets et à leur niveau de toxicité ; élargir l'impact des décharges sur la santé, la biodiversité, la probabilité d'incendies...
- Transfert de fonction : utiliser la méthode d'évaluation dite hédonique plutôt qu'un transfert de valeurs. Le « hedonic princing » mesure la valeur économique des services environnementaux influant les prix de marché.
- Pollution de l'eau : en l'absence d'outils de mesure fiables ctuellement, établir un « jugement » estimant l'étude de destruction potentielle des services écosystémiques.

 

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Le grand scandale des manipulations des taux interbancaires

Après celui des subprimes qui a provoqué la crise financière mondiale de 2008, voici le scandale des manipulations du Libor. Il est tout aussi dommageable, traîne depuis trois ans mais est bien moins suivi par la presse.
Les médias se réveillent un peu aujourd'hui en raison des amendes imposées à la Banque suisse UBS. Elles pourraient atteindre le milliard de dollar, soit deux fois plus que ce qu'a payé Barclays en juin dernier mais ce montant est en réalité bien faible si on le rapporte aux sommes en jeu.
Le Libor, c'est un taux d'intérêt. Le London Interbank Offered Rate est le taux de référence pour les prêts que s'octroient les banques entre elles. Imaginons que votre fille ou votre soeur soit partie faire des études ou un stage à Singapour ou à Londres. Elle a besoin d'argent, elle demande un découvert. La banque qui le lui octroie
demandera, la plupart du temps, à une autre banque de lui prêter l'argent qu'elle reversera à votre soeur ou file. Le taux d'intérêt que la banque devra payer à sa consoeur sera celui du Libor dit, en français, taux interbancaire.
A ceux qui pensent ne pas être concernés, soulignons les points suivants : le Libor est l'étalon à partir duquel sont calculés les taux des crédits personnels, des cartes de crédits, des prêts immobiliers hypothécaires à taux variables... au total une centaine de taux découlant du Libor s'appliquent aux 350 000 milliards de dollars de produits financiers échangés chaque jour.
Où ce taux est-il fixé ?
A la City de Londres. Et c'est là que le bât blesse. Le centre financier londonien est aussi le temple de l'autorégulation : le principe est que les acteurs économiques sont capables de s'autoréglementer sans intervention d'un régulateur indépendant ni même contrôle véritable.
En l'occurence, les dix banques chargées du bon fonctionnement du Libor abritaient en leur sein des « renards » qui ont manipulé les cours du Libor pour s'enrichir eux-mêmes mais qui ont, aussi servi les intérêts de leurs employeurs. Ces derniers ont fermé les yeux sur les agissements menés de 2005 à 2009.
Ici, Jérôme Kerviel ferait figure de petit bras. L'enquête ouverte en 2008 à partir des Etats-Unis concerne désormais dix états, dont le Japon ou Singapour et, aussi, l'Union monétaire européenne.
Dans cette dernière, le Libor n'est pas utilisé : le taux interbancaire en vigueur est l'Euribor, dont la fixation est un peu plus régulée que celle du Libor. Un peu plus régulée, mais pas suffisamment surveillée : on parle d'une dizaine d'établissements bancaires incriminés dans des fraudes à la fixation de l'Euribor. Idem pour le Tibor japonais et le Sibor singapourien...
Méconnus du grand public, ces agissements frauduleux portent en germe des répercussions aussi dommageables que ceux liés aux subprimes (titrisation de prêts hypothécaires vendus à des ménages impécunieux). Nous ne parlons pas ici des mesures que la City s'apprête à adopter, notamment la création d'un régulateur indépendant en charge du calcul du Libor.
Nous nous référons ici à la chute des octrois de prêts en Europe, Royaume-Uni compris. Justifiée, la défiance générale à l'égard de la finance a déjà entraîné dans l'Union monétaire une raréfaction des conditions de crédit, les autorités exigeant des banques des montants très élevés de fonds propres.
A tel point que la croissance économique est asphyxiée, voire impossible... Seuls les très grands groupes sont capables de lever des prêts privés, c'est-à-dire consentis par des établissements non soumis aux réglementations
bancaires.
La boucle est bouclée : pour remédier à des agissements néfastes mais longtemps tolérés, on réglemente trop et mal, favorisant, du même coup, les acteurs de la finance « grise ».


 


 

 

 

 

samedi, 15 décembre 2012

Fait-religieux, un site d'information innovant

Fait-religieux, c'est le nouveau quotidien en ligne lancé par Sophie Gherardi et Jean-Luc Pouthier. Ces deux journalistes, suivis par des confrères issus de titres prestigieux, ont voulu informer pour combler un manque : « Le traitement de l'information sur les religions et leurs effets dans la société ne s'est pas enrichi au rythme où se diversifiaient les croyances, les pratiques et les affirmations religieuses en France et dans le monde. (...) Nous voulons montrer qu'il existe une autre façon de parler de la laïcité et des religions: sans se fâcher et sans s'ennuyer. »
Cette initiative est à saluer. Les articles produits depuis deux mois sur le site prouvent qu'il est possible en France d'appréhender les religions et la laïcité sans se lancer dans les anathèmes ou se confiner dans le mépris. Pour les fondateurs du site, « la société change et les manifestations des croyances religieuses y sont plus fréquentes et visibles. Il devient stratégique pour les entreprises d'être parfaitement informées face à des phénomènes qui affectent leurs employés, leurs clients, leur communication, les marchés sur lesquels elles évoluent…»
L'offre se décline en deux produits : un site grand public de suivi de l'actualité française et internationale, un Fil Expert destiné aux professionnels et accessible sur abonnement. Ce service « premium » apporte des informations pertinentes et introuvables ailleurs aux diverses directions de l’entreprise : stratégie, RH, diversité, juridique...


vendredi, 14 décembre 2012

Les entreprises qui avancent sur le front environnemental

Après le social, le sociétal et la gouvernance, nous concluons notre étude sur les entreprises qui bougent en listant ci-dessous les sociétés du SBF 120 (les 120 plus grandes sociétés cotées à Paris) qui ont mené cette année des avancées dans le domaine environnemental.
Un peu de sourire dans la pluie froide !

AXA : pour la deuxième année consécutive, Axa est intégré dans le Carbon Performance Leadership Index. L’assureur a par ailleurs signé les principes for sustainable insurance lancés en juin à Rio.
BONDUELLE : pour sa communication extra-financière 2012, le groupe alimentaire qui a utilisé le référentiel GRI (Global Reporting Initiative) a obtenu, pour sa première évaluation, le niveau d’application B+.
BOUYGUES : a formulé 34 propositions pour préparer la Conférence environnementale sur la transition énergétique et la préservation de la biodiversité.
CARREFOUR : a mis en circulation, en novembre, les premiers camions roulant au biométhane, issu des déchets de ses magasins.
ERAMET
 : depuis fin 2011, le groupe minier est membre du programme BBOP ou Business and Biodiversity Programms, créé par les ONG Forest Trends et Wild-Life Conservation Society. Le BBOP propose des pratiques de référence pour les programmes de compensation de la biodiversité.
EUROTUNNEL : son site de Samphire Hoe, à Douvres, a reçu son huitième « Green Flag » consécutif, qui prime la haute qualité environnementale au Royaume-Uni. Le site est géré par le White Cliffs Countryside Partnership, avec le concours de bénévoles du Kent. Le transporteur ferroviaire a été également désigné « meilleur transporteur » dans la catégorie « transport vert » du prix remis par le magazine Coach Monthly.
FONCIERE DES REGIONS : pour la qualité du reporting sur sa performance énergétique et sur ses émissions de CO2, la foncière a obtenu la meilleure note du Baromètre Novethic 2012, à égalité avec Altarea-Cogedim, dans le secteur immobilier. De 47 % en 2011, sa note est passée à 78 % en 2012.
FRANCE TELECOM : Orange est entré dans le Carbon Performance Leadership Index qui recense les 33 entreprises du FTSE Global 500 aux engagements les plus solides en matière de stratégies climatiques et de diminution des émissions de carbone. L’opérateur doit réduire, d'ici 2020, sa consommation d'énergie de 15 % et ses émissions de CO² de 20 %.
ICADE : le développeur immobilier construit, à Joinville-le- Pont, un ensemble qui sera livré à Wereldhave et qui vise une certification HQE® avec labellisation BBC Effinergie et certification BREEAM® International 2009 niveau Excellent.
KLEPIERRE a obtenu la certification BREEAM* niveau « Very Good » pour l’extension du centre commercial Claye-Souilly livré en novembre 2012.
L’OREAL crée en Italie à Settimo Torinese un site de production « Zero émission de CO2 » qui fonctionnera uniquement avec des énergies renouvelables.
LAFARGE s’est fixé 34 nouveaux objectifs en matière de développement durable d’ici 2020, recensés dans son programme « Ambitions développement durable 2020 ».
NEXANS
 :  Nexans, expert mondial de l’industrie du câble, accélère son programme de collecte et de réutilisation de tourets en bois. Après avoir été, en 2010, le premier fabricant de câbles au monde à s’équiper de tourets en bois labellisés PEFC™, il affiche aujourd’hui une économie de plus de 94 000 m³ de bois scié, soit environ 100 000 arbres (45 hectares de forêt) préservés chaque année.
SCOR : participant depuis 2003 au Pacte Mondial des Nations Unies, le réassureur est devenu, en juin dernier, membre fondateur des Principles for Sustainable Insurance, initiative globale annoncée en préambule de la Conférence de Rio.
SECHE ENVIRONNEMENT : participe aux collectes des fusées de détresse périmées des plaisanciers, organisées par les gestionnaires de ports de plaisance Sellor et Sagemor.

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 13 décembre 2012

Hausse des pratiques responsables dans le CAC 40

Selon le cabinet Capitalcom, « il semblerait que la RSE ou Responsabilité Sociale des Entreprises soit de plus en plus associée aux enjeux stratégiques ».
Une appréciation que le cabinet fonde sur les réponses données par les entreprises du CAC 40 à son étude sur la RSE. Ainsi, vingt-et-une des entreprises indexent une part variable de la performance des dirigeants sur des critères extra-financiers, soit deux fois plus qu'il y a cinq ans tandis que un quart d'entre elles ont admis les directeurs du développement durable au sein des Comités exécutifs ou de direction.
Si les problématiques RSE sont intégrées aux décisions stratégiques, c'est aussi parce qu'elles peuvent de plus en plus être chiffrées. Que ce soit au niveau des objectifs environnementaux, sociaux ou sociétaux, ils sont désormais structurés, fiables et de plus en plus comparables.

« Le cumul des responsabilités liées à la Stratégie et à la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au plus haut niveau de
l’entreprise traduit une évolution spectaculaire du mode de management des entreprises. (...) Induirait-il la mise en place d’un nouveau modèle de croissance pour les prochaines années ? ».
La question paraît un peu irénique surtout si on la rapporte aux pratiques de rémunération au sein des entreprises du CAC 40, dénoncées par le cabinet Proxinvest mardi dernier.
Cependant, il ne s'agit pas de mélanger éthique et efficacité. La prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux entraîne une plus grande rentabilité des entreprises et leur offre une meilleure visibilité. La question des rémunérations reste, pour l'instant, du domaine de l'éthique... jusqu'au jour où elle provoquera des tensions sociales.

 

 

 

mercredi, 12 décembre 2012

Enfin un brevet unique pour l'Union européenne

 

Lundi, les députés européens ont voté le texte sur le brevet unitaire de l'Union européenne. Rappelons que, aujourd'hui, tout brevet déposé dans un pays de l'Union doit l'être dans les autres pays pour être protégé, comme s'il s'agissait d'un Etat africain, américain ou asiatique. Les frais de traduction et les redevances sont donc supprimés : les inventeurs s'adresseront à l'Office européen des brevets qui leur accordera un brevet unitaire valable pour les 25 Etats membres de l'Union. Une chambre des litiges sera instituée. Concrètement, un inventeur hongrois vendant en Italie et piraté par un opérateur portugais n'aura plus à saisir trois tribunaux à la fois...
Disponibles à partir de 2014, ces brevets devront être rédigés dans l'une des trois principales langues officielles, allemand, anglais et français. La diminution par six des frais de traduction abaissera fortement le coût des brevets.
Rappelons que, en Europe, le coût moyen d'un des 62 000 brevets déposés en 2011 s'élevait cette même année à 36 000 euros ; en Chine, les 172 000 brevets déposés ont coûté chacun 600 euros à leur inventeur et, aux Etats-Unis, 2 000 euros pour chacun des 224 000 brevets déposés.
Pour une fois que l'Union européenne simplifie et diminue le prix des activités économiques !




 

mardi, 11 décembre 2012

Etude édifiante de Proxinvest sur la rémunération des dirigeants français

La société de conseil en vote aux assemblées générales vient de publier son quatorzième rapport sur les rémunérations touchées en 2011 par les dirigeants des 120 plus grandes sociétés cotées.
Comme d'habitude, les conseils d'administration ont accepté une hausse des gains des dirigeants, de 4 % en 2011, contre 33 % l'année précédente. Cette augmentation doit être mise en rapport avec l'évolution des bénéfices cumulés, en recul de 10 % pour le CAC 40.
Pour les dirigeants du CAC 40, la rémunération moyenne atteint le chiffre de 4,246 millions d'euros. Pour les dirigeants du SBF 80 (les 80 sociétés suivant celles du CAC dans l'indice SBF 120), la rémunération se situe à 2,03 millions d'euros en moyenne.
Les rémunérations moyenne dans le CAC 40 se décomposent en rémunération fixe pour 24 %, soit 1 million d'euros en moyenne, en variable annuel pour 32%, en actions gratuites pour 16%, en autres avantages pour 16% également et pour 12% en options. La part du fixe dans les rémunérations n'a cessé de s'accroître ces sept dernières années, au détriment notamment des options d'actions, de plus en plus remplacées par des octrois d'actions gratuites. 

Le diable se cachant dans les détails, il faut souligner cinq points, certains obscurs mais très rentables pour les dirigeants :
- les différés de versements d'espèces indexés sur les cours de l'action, qui restent hors de contrôle de l’assemblée générale des actionnaire ;
- les bonus versés à des dirigeants malgré la contre-performance actionnariale, notamment ceux de Carrefour, GDF Suez ou Scor ;
- la conditionnalité des rémunérations variables : 16 % d'entre elles seulement reposent sur des conditions de performance supérieures à trois ans ;
- le niveau très élevé et l'absence de contrôle des rémunérations des présidents non opérationnels ;
- les retraites chapeau, très lourdes pour les entreprises et totalement opaques.
L'étude de Proxinvest souligne que 14 dirigeants sur 40 jouissent de rémunérations supérieures au plafond qu'elle recommande de 240 fois le SMIC, soit 4,6 millions d'euros. Il s'agit de Maurice Lévy de Publicis, de Carlos Ghosn chez Renault, de Bernard Charlès chez Dassault Systèmes, de Bernard Arnault chez LVMH, de Jean-Paul Agon chez L’Oréal, de Christopher Viehbacher chez Sanofi-Aventis, de Frank Riboud chez Danone, de Daniel Julien chez Teleperformance, de Denis Kessler chez la SCOR, d'Olivier Piou chez Gemalto, de Gerard Mestrallet chez GDF-Suez, de Jean-Pascal Tricoire chez Schneider Electric, de Thierry Pilenko chez Technip et, enfin, d'Henri de Castries chez AXA.
Face aux excès, Pierre-Henri Leroy, dirigeant-fondateur de Proxinvest, continue à promouvoir la responsabilisation des administrateurs et la souveraineté de l'assemblée des actionnaires. Ce qui ressemble un peu à des voeux pieux compte tenu des pratiques consanguines du capitalisme français,
« verrouillé » par les grands corps administratifs ou issus des grandes écoles.
Plus concrètement, le cabinet modifiera sa politique de vote en 2013 sur deux points concernant les indemnités de départ :
- plafonnement à un an de rémunération salariale,
- octroi limité à « la seule hypothèse d’un changement de contrôle ».
Par ailleurs, Proxinvest exige que soit communiqué le coût annuel individuel des régimes de retraite chapeau (retraites complémentaires versées aux dirigeants). Il demande aussi que « la rente annuelle additionnelle soit désormais plafonnée pour tous à 300 000 euros ». Enfin, Proxinvet invite à « plafonner à 300% du fixe les rémunérations variables ».

lundi, 10 décembre 2012

Ces entreprises qui affichent une bonne gouvernance

Après les entreprises qui s'activent sur les fronts sociaux et sociétaux, nous poursuivons notre série « sourire » avec celles qui mettent en place une bonne gouvernance. Cette étude repose sur les pratiques mises en exergue depuis le début de l'année.

BIC a reçu le prix AGEFI 2012 du gouvernement d’entreprise ainsi que le prix responsabilité sociale.
ESSILOR : pour son association Valoptec, le lunettier a reçu le prix du Président d’Association d’actionnaires salariés.
EURAZEO : a été lauréat du Grand Prix de la Transparence 2012 pour le secteur des sociétés financières en France. Par ailleurs, la société a rejoint en septembre l’indice ISR Aspi Eurozone de l’agence Vigeo. Cette entrée fait suite à la publication, en juin, de la Charte de Responsabilité sociétale « Eurazeo ensemble ».
GDF SUEZ : double récompense pour le gazier qui a remporté le « Grand Prix de l’Assemblée générale 2012 du CAC 40», organisé par Capitalcom, puis le « Prix de la démocratie actionnariale » dans le cadre de la 9ème édition des Grands Prix du Gouvernement d’Entreprise 2012 organisés par l’Agefi en partenariat avec le cabinet d’avocats Latham et Watkins.
INGENICO a réduit, à l’issue de son assemblée générale, le nombre de ses administrateurs, de 13 à 9, et limité à 4 ans contre 6 ans auparavant la durée statutaire de leurs mandats.
L'OREAL est notée « entreprise leader en responsabilité sociale » par l’agence de notation Vigeo qui, à l’occasion de ses 10 ans, a lancé une nouvelle gamme d’indices ESG.
SAFT : le fabricant de batteries a reçu, en octobre dernier, le prix de la Transparence Financière dans les catégories Small Caps et Entreprises du secteur des Biens et Services Industriels. Il arrive en deuxième position du classement général de la Transparence 2012, portant sur 170 sociétés cotées, toutes catégories confondues.
UNIBAIL-RODAMCO : a reçu l’ « EPRA Gold Award » pour son rapport annuel et de développement durable 2011.
VALEO : l’équipementier a été lauréat, toutes catégories, du prix de la Transparence Financière remis en octobre 2012.