jeudi, 26 janvier 2012
Air France devant la Commission de développement durable de l'Assemblée
Hier, Alexandre de Juniac, président d'Air France-KLM a expliqué la situation financière de sa compagnie d'aviation devant la Commission de développement durable de l'Assemblée nationale.
Elle est mauvaise : pour la quatrième année consécutive, la compagnie a accusé en 2011 une perte opératinnelle, de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'euros. « Nous avons été incapables de financer nos investissements au cours des trois dernières années et nous n'avons pas générer un cash- flow suffisant ». Conséquence : la dette nette du transporteur franco-hollandais culmine à 6,5 milliards d'euros.
Compte tenu de l'impact des grèves - celle de novembre dernier a coûté plus de 20 millions d'euros- on comprend mieux le vote des députés sur la restriction du droit de grève des employés d'Air France...
08:52 Publié dans Les entreprises qui reculent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Agrocarburants : vers la fin des subventions ?
Aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral a tranché : depuis le 1er janiver, les subventions publiques à l'éthanol, carburant fabriqué à partir du maïs, sont supprimées.
Si le crédit d'impôt de 45 cents par gallon -équivalent à 3,8 litres- accordé aux producteurs est supprimé, l'obligation de mélanger l'éthanol à l'essence traditionnelle est maintenue tandis que les droits de douane à l'importation d'éthanol importé sont abolis.
En France, les subventions n'étaient pour l'instant pas remises en cause. Elles le sont aujourd'hui par la Cour des comptes dont le rapport sur la politique d'aide aux agrocarburants de 2005 à 2010 est sans appel.
Comme aux Etats-Unis, la politique d'aide aux agrocarburants repose sur deux piliers : l'incorporation obligatoire à l'essence ou au diesel tirés du pétrole d'une part, la fiscalité d'autre part.
Concrètement, une TGAP ou taxe générale pour les activités polluantes a été instituée en 2005 pour sanctionner les distributeurs n'incorporant pas suffisamment d'agrocarburant dans les pompes. Le montant total de la TGAP atteint 100 millions d'euros, qui vont dans les poches de l'Etat mais sont payées intégralement par l'automobiliste, son coût étant répercuté sur le prix de l'essence... En outre, les producteurs d'agrocarburants ont bénéficié sur 5 ans de plus de 2,6 milliards d'euros d'abattement sur la taxe intérieure à la consommation (la TIC, qui a remplacé l'ancienne TIPP).
Le plus comique est à venir : dans son rapport, la Cour des comptes pointe la mauvaise qualité des agrocarburants : le gazole pour 100 kilomètres parcourus avec du gazole pur, on ne compte que 89 kilomètres avec du « biodiesel » et 69 kilomètres avec l'éthanol incorporé à l'essence...
Les inspecteurs des finances ont calculé le surcoût d'incorporation : 60 centimes d'euros pour le biodiesel, 2,3 euros pour le bioéthanol... Ce qui donne, sur cinq ans, une dépense supplémentaire de 2,77 milliards d'euros pour les automobilistes, de 0,82 milliards pour les contribuables (ce sont souvent les mêmes) et un gain de 2,65 milliards pour les producteurs...
Parmi ces derniers, les fabricants de bioéthanol ont joué le jeu : 1 milliard d'euros d'investissement dans 5 usines en cinq ans, créant ou maintenant 5 000 emplois agricoles et industriels. En revanche, la filière biodiesel aurait investi moitié moins.
Faut-il en rire ou en pleurer ? Au choix du consommateur qui, à partir de 2012, sera le seul à supporter la politique d'aide aux agrocarburants : soit « 1,1 milliard d'euros sur la période 2011-2012 ».
Et celà pour une efficacité aléatoire : selon la Cour des comptes, « la réduction de la dépendance énergétique a été limitée et coûteuse » pour une pertinenence environnementale « difficile à mesurer et de plus en plus contestée ».
Coûteuses pour les automobilistes et les contribuables des Etats-Unis ou de la France, ces politiques de gribouille font deux heureux ; outre les producteurs locaux, le Brésil numéro un mondial de l'éthanol qui vient de débloquer 2,2 milliards de dollars pour soutenir son industrie.
08:00 Publié dans Les enjeux de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 25 janvier 2012
Ténèbres sur Q-Cells
Q-Cells, l'ex-numéro un mondial des cellules photovoltaïquese, ne pourra rembourser la totalité d'un emprunt de 200 millions d'euros arrivant à échéance en février. Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires va être convoquée dans les prochains jours pour lancer une augmentation de capital, les capitaux propres étant devenus négatifs. Le président, Nedim Cen, exclut l'éventualité d'une faillite mais celle-ci semble de plus en plus probable.
Outre la chute des subventions publiques aux énergies renouvelables, Q-Cells est confronté à l'arrivée en Europe des concurrents asiatiques tels Suntech, Yingli ou LDK Solar, favorisés par le faible coût du travail dans leurs pays et par la faiblesse du yuan. Ces derniers risquent cependant eux aussi de se trouver en difficulté : après une hausse de 60 % en 2011, les capacités mondiales de production de panneaux solaires seraient en excédent de presque 40 % par rapport à la demande. Du coup, la décision de Q-Cells de diminuer de 50 % la production de cellules dans son siège saxon de Bitterfeld-Wolfen et de renforcer celle de son site malais risque bien de n'avoir aucun effet positif.
12:33 Publié dans Les enjeux de l'énergie, Les entreprises qui reculent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 janvier 2012
Le FMI en panne de moyens
1 000 milliards de dollars : c'est le montant nécessaire pour assurer les besoins de financement mondial selon le Fonds monétaire international. Le FMI disposant de 500 milliards de dollars, il lui faut trouver prochainement la moitié de cette somme.
D'où viennent ces besoins ? Essentiellement du manque d'infrastructures publiques pour une population mondiale désormais majoritairement citadine : transports, services de voierie, énergie, eau...
Qui pourra les financer ? ni l'Europe ni les Etats-Unis, trop endettés aujourd'hui. Les pays émergents mettront-ils la main au portefeuille ? A condition que les Etats de l'OCDE qui dirigent les institutions mondiales depuis plus de 60 ans acceptent de leur céder le pouvoir.
Nous n'y sommes pas encore. Les pays européens qui pâtissent de l'alliance objective entre les Etats-Unis et la Chine ne sont pas prêts à cette reculade. Le problème est, aussi, qu'ils ne sont pas capables d'agir de façon coordonnée et efficace.
Le directeur général du FMI Christine Lagarde vient d'ailleurs de conseiller les gouvernements européens d'accroître le volume du fonds de soutien.
A court terme, le risque de la zone Euro vient de l'Italie et de l'Espagne, proches de l'insolvabilité. La situation de ce dernier pays est emblématique des errances des politiques publiques. Selon la Banque d'Espagne, le PIB du pays devrait se contracter de 1,5 % cette année tandis que le déficit public sera ramené à 4,4 % au lieu de 8,1 % en 2011. Les mesures de rigueur sont telles qu'elles risquent de provoquer la mort du malade...
11:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Troisième baisse des tarifs d'achat d'énergie solaire
Fixés par la Commission de régulation de l'énergie, les tarifs d'achat photovoltaïque applicables du 1er janvier au 31 mars 2012 sont en baisse de 4,5 % et 9,5 %. Ces replis s'appliquent, respectivement, aux installations solaires intégrées à des habitations principales et aux équipements installés dans tout autre type de bâtiments.
Sur un an, la baisse des tarifs atteint 16 % dans le résidentiel intégré et 26 % pour les autres installations.
Le solaire est de moins en moins soutenu par l'Etat.
10:46 Publié dans Les enjeux de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Report de centrale nucléaire aux Pays-Bas
EDF ne construira pas de centrale nucléaire aux Pays-Bas. Son partenaire local, le groupe de services aux collectivités Delta, reporte son projet de construction d'une centrale nucléaire de 2.500 mégawatts dans le sud-ouest du pays.
En cause, le renchérissement du crédit et les surcapacités de production d'électricité dues à la récession. Le coût global de la construction de la centrale était estimé entre 5 et 7 milliards d'euros.
10:22 Publié dans Les enjeux de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2012
La recherche et développement se fait massivement en Asie
La crise ? connais pas. Pour la troisième année consécutive, les budgets de recherche et développement croîtront en 2012, de l'ordre de 5,2 %, pour atteindre 1,402 milliards de dollars.
Selon l'enquête menée par l'ONG de partage des connaissances scientifiques Battelle, la hiérarchie des dépenses en R&D suit celle des puissances économiques.
Les Etats-Unis restent numéro un mondial, avec 436 milliards de dollars. Ils sont suivis de la Chine (199 milliards de dollars) puis du Japon (157 milliards). Viennent après l'Allemagne (90 milliards de dollars), la Corée du Sud (56,4), la France (51,1) et le Royaume-Uni (42,4).
Plus que les chiffres bruts, l'évolution des dépenses est cruciale pour comprendre les enjeux économiques actuels. Ainsi, l'Allemagne consacrera cette année 2,87 % de son PIB à la R&D mais la France seulement 2,24 %. Dans ces deux pays, l'effort public est à peu près équivalent, à environ 1 % du PIB, mais le privé allemand est plus actif dans la R&D, notamment dans les technologies de l'information et les sciences du vivant.
Quant au rythme de progression des dépenses de R&D de la Chine (près de 10 % par an depuis plusieurs années), il lui permettra de dépasser le montant des investissements des Etats-Unis d'ici 2025. Et celà d'autant que les industriels américains prévoient d'implanter leurs sites de R&D en Chine (30 %) plutôt que dans leur pays ou en Inde (24 %) et loin devant l'Europe (16 %)...
10:51 Publié dans Et ailleurs, c'est comment ?, Le développement durable, c'est quoi ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 19 janvier 2012
Enquête européenne sur la distribution de l'eau en France
Bruxelles ouvre, à l'égard des groupes français Veolia Environnement, Suez Environnement et la Saur, une enquête « d'entente et d'abus de position dominante » sur le marché de la fourniture d'eau potable et sur celui du traitement des eaux usées. La fédération professionnelle des eaux (FP2E) est également intégrée dans le champ de l'enquête de la Commission de la concurrence.
Rappelons que le marché de la distribution de l'eau se répartit ainsi en France : 26 % aux services publics, 40 % à Veolia, 20 % à Suez environnement et 12 % à la Saur. Le prix moyen de l'eau du robinet est, en France, inférieur de 13 % à la moyenne européenne mais l'ouverture de cette enquête, qui fait suite aux perquisitions menées en avril 2010, est inquiétante pour les distributeurs : les amendes européennes peuvent aller jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires d'une entreprise.
10:52 Publié dans gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 janvier 2012
Apple s'explique sur ses fournisseurs
Pour la seconde fois, Apple donne des précisions sur les conditions de travail chez ses sous-traitants, tous en Chine.
Ici-même, nous avions fait part des campagnes menées par des ONG chinoises contre le sort réservé aux salariés des assembleurs des I-Pod et autres I-Phone, notamment sur les sites de Foxconn.
Dans son rapport sur la responsabilité sociale de sa chaîne logistique, le groupe précise avoir mené 229 audits parmi ses fournisseurs, soit 80 % de plus que l'an dernier.
Les audits concernaient les questions sociales et environnementales.
Une fois de plus, c'est la société civile plus que les pouvoirs publics qui oblige une entreprise à adopter des comportements plus respectueux des droits humains.
16:30 Publié dans Et ailleurs, c'est comment ?, Les entreprises qui bougent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les fonds vautours se disputent les os de la dette grecque
Vendredi à Londres, les négociations sur la dette grecque se sont soldées sur un constat de désaccord. Rappelons qu’il s’agit de décider du montant de la décote des emprunts d’états grecs, qui devrait être supérieure à 50 %, voire 60 % pour les créanciers privés.
En d’autres termes, un créancier qui détient 100 euros d’une obligation d’état grecque ne serait remboursé qu’à auteur de 50, voire 40 euros. Selon les accords déjà signés, l’application de cette décote s’effectuerait par une offre d’échange obligataire, entre le 6 et le 10 février prochain.
L’expression « créanciers privés » laisserait entendre qu’il s’agit de porteurs d’obligations comme vous ou moi, c’est-à-dire des personnes physiques. Il n’en est rien : dans ces négociations, les créanciers privés sont représentés par l’IIF ou Institut de la finance internationale, opposé à toute décote supérieure à 50 %.C’est d’ailleurs l’IFF qui, vendredi, a laissé entendre qu’il pourrait revenir sur son engagement à effacer volontairement une partie de sa dette. Derrière ces communiqués, ce qu’il faut comprendre est qu’il existe une lutte féroce aujourd’hui entre créanciers « classiques » (entendez caisses de retraite, banques ou assureurs qui ont acheté des emprunts d’état grec en contrepartie de leurs engagements) et hedge funds (fonds de couverture, à visée spéculative le plus souvent) dont beaucoup ont acquis ces derniers mois des emprunts grecs à courte maturité (dont l’échéance est relativement proche). Ces derniers ont intérêt à faire durer les négociations, justement pour éviter que la décote ne s’applique sur ces emprunts bientôt remboursables.
De son côté, l’IFF pourrait utiliser l’arme de la clause d’action collective, qui priverait les hedge funds de la possibilité de freiner les négociations. Le Parlement grec serait d’ailleurs prêt à voter cette mesure. Le hic est que la Banque centrale européenne se trouverait alors traitée comme tous les détenteurs de titre, c’est-à-dire qu’elle accuserait dans ses comptes une décote sur les 40 millions d’emprunts grecs en sa possession…
09:30 Publié dans La finance, vous pigez ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 janvier 2012
Le grand opéra-comique de Standard & Poor’s, avec, en guest stars, l’Europe, le FESF et les assureurs
Standard & Poor’s, l’agence de notation américaine, dégrade aujourd’hui la note des emprunts émis par 9 états européens : pour l’Autriche, la France, Malte, la Slovénie et la Slovaquie, l’appréciation diminue d’un cran, de AAA à AA. La dette souveraine française vaut AA +, avec perspective négative, c’est-à-dire qu’une autre dégradation est dans les tuyaux. Quatre autres états - Chypre, Espagne, Italie et Portugal- sont sanctionnés plus durement, avec un recul de 2 crans, soit une note revenue à A.
Au-delà des états, la dégradation des dettes souveraines européennes affectera celles du Fonds européen de stabilité financière. Lui aussi devrait perdre son AAA, la France apportant 21,8 % de ses garanties. Déjà à peine suffisants, les moyens d’intervention du seul mécanisme opérationnel que l’Europe ait pu construire se retrouveront-ils encore amoindris ?
Non, parce que ces baisses ne devraient pas affecter le placement des futures obligations souveraines sur les marchés : traditionnellement, ils réagissent positivement aux mauvaises nouvelles lorsqu’elles sont attendues de longue date.
Ainsi, le Trésor italien a pu placer, dès cette semaine, des emprunts d’une durée de trois ans à un taux moyen comparable à celui de septembre dernier, soit 4,83 % contre 5,62 % en début de mois… Le placement de la dette française lundi prochain fera figure de test mais nous prenons déjà le pari qu’il sera positif.
De fait, l’analyse des conséquences des dégradations pour les banques et les compagnies d’assurances illustre bien le ridicule du psycho drame que les gouvernements européens se sont eux-mêmes infligé.
Si nous prenons ces acteurs financiers c’est parce qu’ils sont grands consommateurs de dette souveraine, naguère le placement le plus sûr des marchés. Les process de dégradation et de rehaussement des notes des crédits obéissent à des méthodologies à la fois détaillées et contradictoires. Dans la réalité économique, une banque ou un assureur contrôlé par l’Etat devrait avoir une note de crédit supérieure à celle de ses concurrents indépendants puisqu’il bénéficie d’un soutien de la puissance publique. Même si les moyens financiers de cette dernière diminuent, ils n’en sont pas moins supérieurs à ceux de tout autre acteur économique, ne serait-ce que parce que l’Etat dispose d’un moyen de coercition unique : la levée d’impôt.
Ainsi, le process de dégradation de Standard & Poor’s entraînera une baisse quasi automatique des notes de la Banque postale et de la Caisse des Dépôts et Consignations en raison de leur statut de « Gouvernment related entity » sans que la condition financière effective de ces deux entités n’ait bougé. Le même traitement sera réservé à l’assureur CNP en raison du contrôle para-public de son capital (CDC-BanquePostale-BPCE) tandis que les dettes dAxa et Groupama (ce dernier pourtant en difficultés financières du fait d’une trop grande exposition à la dette grecque) ne seront même pas examinées.
En ce domaine, les vraies questions restent à poser : pourquoi les Etats ont-ils accepté de placer l’exercice de leur souveraineté financière sous le contrôle des agences de notation ? quels sont les forces en lice derrière l’écran de fumée des dégradations ?
18:33 Publié dans La finance, vous pigez ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 09 janvier 2012
Action collective contre Veolia Environnement
Une demande d'action collective a été déposée le 27 décembre dernier auprès des tribunaux du Southern District de New York, aux Etats-Unis contre Veolia Environnement.
Le groupe français et numéro un mondial des services aux collectivités -eau, déchets, énergie, transports...- aurait diffusé une communication financière trompeuse entre 2007 et 2011. En cause, des dépréciations d'actifs tardivement enregistrées et une surestimation des résultats opérationnels de la branche des services marins.
Veolia Environnement dément ces allégations.
Le groupe dirigé par Antoine Frérot, dont l'action a terminé l'année 2011 sur la plus forte baisse du CAC 40, n'avait pas besoin de ces attaques. Endetté, il doit vendre plusieurs de ses actifs, notamment sa filiale de distribution d'eau au Royaume-Uni, ainsi que les 50 % qu'il détient dans sa filiale de transport Transdev...
11:13 Publié dans Les entreprises qui reculent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 04 janvier 2012
Vents contraires sur Vestas
Vestas, le producteur danois d'éoliennes lance un avertissement sur ses résultats 2011. C'ets le second en moins de 3 mois.
En cause, les reports de livraisons. D'un montant de sur 400 mégawatts, ils affecteront le chiffre d'affaires à la baisse. Les ventes se situeraient autour de 6 milliards d’euros alors que, il y a six mois encore, on en attendait 6,4 milliards pour la fin d'octobre 2011. Si la baisse des subventions aux énergies renouvelables, générale en Europe, explique une partie des difficultés de Vestas, il ne faut pas oublier la concurrence des fabricants asiatiques, portée par des coûts de production plus bas et favorisée par les écarts de change. L'espagnol Gamesa, spécialiste des aérogénérateurs, souffre lui auss.
10:22 Publié dans Les enjeux de l'énergie, Les entreprises qui reculent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 à 15 milliards d'euros pour la sécurité des centrales nucléaires d'EDF
Hier, l'Autorité de sûreté nucléaire a rendu hier son rapport sur les tests de résistance post-Fukushima des centrales nucléaires françaises d'EDF.
Le verdict est clair : pas de fermeture de centrale mais des travaux de sécurité à réaliser « dans les meilleurs délais ». L'ASN exige que les exploitants nucléaires et les producteurs - soit Areva, le Commissariat à l'énergie atomique et l'institut de recherche Laue-Langevin- lui présentent d'ici le 30 juin juin « un noyau dur » de nouvelles dispositions pour affronter les crises.
Le montant des travaux ? autour de 15 milliards d'euros selon des sources de l'ASN, de 10 milliards selon EDF. Ce dernier souligne par ailleurs que ces investissements s'inscriront dans l'enveloppe de 40 à 50 milliards d'euros déjà prévue pour l'allongement de 40 à 60 ans de la durée de vie des centrales.
La facture pour les ménages ? « moins de 2% d'augmentation des factures d'électricité » selon le ministre de l'Energie, Eric Besson.
Soulignons qu'en Belgique aussi les mêmes tests de résistance ont été menés. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire exclut toute fermeture de centrales mais exige la construction d'une digue autour de la centrale de Tihange, sur la rive de laMeuse. Cela dans un contexte politique qui a programmé, en automne dernier, la fin progressive du nucléaire, de 2015 à 2025.
09:59 Publié dans Les enjeux de l'énergie, Les entreprises qui reculent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 03 janvier 2012
La Fondation AirLiquide en Nouvelle-Calédonie
La Fondation Air Liquide soutient un nouveau projet : des recherches sur le bilan CO2 de la mangrove en Nouvelle-Calédonie. Cette collectivité française du Pacifique, à l'est de l'Australie, abrite près de 35 000 hectares de ces marais estuaires, souvent bordés de palétuviers et riches en biodiversité.
Dans le cycle du carbone, laforte capacité des mangroves à le transformer leur donne un rôle primordial. Or, il se trouve menacé puisque 1 à 2 % des mangroves disparaissent chaque année dans le monde
Pour bien comprendre le fonctionnement des écosystèmes, l'Institut de recherche pour le développement a décidé de quantifier et analyser les flux de CO2 au sein de la mangrove de La Foa.
Forte de son budget de 3 millions d'euros sur cinq ans, la Fondation Air Liquide a décidé de soutenir ces recherches, à hauteur de 120 000 euros pendant 2 ans. Cet apport s'inscrit dans ses objectifs de mécénat : recherche scientifique pour la préservation de l'environnement, pour l'amélioration de la fonction respiratoire et pour les micro-initiatives favorisant le développement local.
Rappelons que la Fondation, créée en 2006, a déjà accompagné 94 projets dans 35 pays, avec la mobilisation de 120 collaborateurs.
07:04 Publié dans Le développement durable, c'est quoi ?, Les entreprises qui bougent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 02 janvier 2012
Les aciéristes chinois boycottent le plan de réduction des émissions de CO2
Bien embêtée la World Steel Association ! En 2007, ce regroupement des grands producteurs d’acier mondiaux avait lancé un plan mondial de réduction des émissions de gaz carbonique. Ce plan avait débuté par la création d’une base de données dans laquelle les volumes et les types d’émissions d’une usine étaient croisés avec les technologies utilisées dans cette même usine. Il devait déboucher sur un partage des connaissances sur les techniques de réduction d’émissions.
Ce sujet est crucial pour le climat de la Terre : l’aciérie est, après l’électricité, l’industrie la plus émettrice de dioxyde de carbone. En 2010, elle aurait ainsi contribué à 6,5 % des émissions de gaz carbone, soit un volume estimé à 2,5 milliards de tonnes (contre 8 % pour l’électricité).
Or, ce plan de réduction est menacé les producteurs chinois qui, le mois dernier, ont refusé de participer au plan. Sans leur collaboration, le plan de la WSA perd toute signification : la Chine produit 40 % de l’acier mondial et 44 % des émissions de CO2. Pour essayer de rallier les producteurs chinois, la WSA avait pris pour président Zhang Xiaogang, lui-même dirigeant du groupe chinois Anshan Iron & Steel. Mais ce dernier, comme ses compatriotes, a refusé d’adhérer au plan de la WSA.
L’argument officiel est le risque concurrentiel lié à la fourniture de données sur les technologies utilisées dans les usines. En réalité, les fournisseurs chinois refusent toute entrave à leur essor économique.
Dommage pour la planète : déjà, entre 2006 et 2010, les émissions de CO2 par les aciéries ont bondi de 2 à 2,5 milliards de tonnes, les Chinois.
vendredi, 30 décembre 2011
L'ANNEE 2011 EN CHANSONS, A OUBLIER TRÈS VITE
A deux jours de 2012, un petit retour sur l'année écoulée s'impose. Ne serait-ce que pour comprendre l'enchaînement des faits qui a conduit l'Europe dans la récession et le commerce mondial à une quasi-stagnation.
JANVIER : tout va très bien Madame la marquise
Le printemps arabe débute avec avance, faisant flamber le prix du pétrole et pousser l'inflation. Peu importe, l'optimisme règne : le président Obama parle d'un « Spoutnik moment ». Les investisseurs s'arrachent les premières émissions d'emprunts de l'EFSF (European financial stability facility), créée en mai 2010. Dans les pays émergents, Inde, Corée, Brésil, Pologne..., les banques centrales baissent leurs tauxdirecteurs pour freiner l'inflation provoquée par une trop forte croissance.
FEVRIER : premiers frissons
L'inflation se poursuit dans le monde avec un prix du brent (pétrole coté à Londres) à plus de 100 dollars le baril. La Chine, la Russie, la Suède... remontent leurs taux directeurs. Dans la zone euro, les dirigeants politiques multiplient les rencontres avant le Conseil européen du 24 mars qui devra apporter « une solution globale » à la crise. Après la Grèce et l'Irlande qui avaient été assistés en 2010 (110 milliards d'euros en mai pour la première, 68 milliards en novembre pour la seconde), le Portugal donne des signes de faiblesse inquiétants. En Irlande, des élections anticipées provoquent un changement de majorité.
MARS : à regarder la mer
Le 11 mars, un ras-de-marée de 14 mètres déferle sur les cotes Est du Japon et endommage la centrale nucléaire de Fukushima. Le Japon entre en récession, les chaînes de production mondiales sont désorganisées par les à-coups de la distribution d'électricité dans le pays.
Aux Etats-Unis, la dette fédérale s'approche de son plafond de 14 300 milliards de dollars. En Europe, les taux d'intérêt des emprunts d'Etat s'envolent en Grèce, en Irlande et au Portugal. Les prix du pétrole montent encore alors que l'on commence à parler d'une intervention militaire en Libye.
AVRIL : en vain me voue à l'amour
Malgré l'atonie intrinsèque à la zone euro, la Banque centrale européenne augmente ses taux directeurs, de 25 points de base... A sa décharge, d'autres hausses de taux sont opérées au Brésil, au Chili, en Chine, en Pologne, en Suède.. mais dans ces pays l'économie reste vigoureuse. Les agences de notation dégradent les notes souveraines de la Grèce et du Portugal, ce dernier demandant une nouvelle aide au FMI et à l'Union européenne. Aux Etats-Unis, le plafond dela dette est relevé mais l'agence Standard & Poor's met la note AAA des emprunts fédéraux sous surveillance négative.
MAI : je retape les paniers
Les indicateurs sont contradictoires : début d'un ralentissement de la croissance mondiale mais crainte généralisée de l'inflation chez les dirigeants. Aux Etats-Unis, la dette fédérale dépasse le plafond mais le gouvernement use d'articies comptables lui donnant un répi jusqu'au 2 août. En Europe, la discorde règne à propos de la Grèce avant le sommet du 24 juin.
JUIN : je voudrais pas crever
Douche froide sur l'économie. Ralentissement des créations d'emploi aux Etats-Unis, libération par l'AIE (agence internationale de l'énergie) de ses stocks stratégiques pour peser sur les cours du pétrole, inquiétudes en Chine...
En Europe, le conseil du 24 juin se conclut sur un fiasco. La BCE s'oppose à une implication des créanciers privés dans le « reprofilage » de la dette grecque, « solution » que promeut ardemment l'Allemagne.
Au FMI, Christine Lagarde remplace Dominque Strauss Kahn, démissionnaire de son poste de directeur général.
JUILLET : we are the loosers
La crise politique est avérée aux Etats-Unis comme en Europe. Chez les premiers, démocrates et républicains s'étripent jusqu'au 31 juillet avant de relever le plafond de la dette, désormais égale à 100 % du PIB. C'est la 40ème fois depuis 1980 que les élus ont augmenté le plafond. Chez la seconde, les dirigeants s'accordent in extremis, le 21 juillet, sur une extension de la gamme d'outils de l'EFSF mais il s'agit d'un accord de principe dont la mise en oeuvre est repoussée sans date précise. L'éventualité d'un défaut grec (impossibilité pour l'Etat de rembourser tout ou partie de ses emprunts) est toujours niée.
AOUT : faudrait de bottes de caoutchouc pour patauger dans la gadoue
Le 5 août, Standard & Poor's retire la note AAA aux Etats-Unis. Les marchés financiers décrochent, les différences de taux entre emprunts d'Etats de la zone euro se creusent. La BCE réagit en rachetant des emprunts d'Etat, notamment italiens et espagnols. En Grèce, les clients retirent leur argent des banques. Ailleurs en Europe, les banques européennes sont l'objet de toutes les suspicions, alimentées par Christine Lagarde : le 28 août à Hole, elle déclare qu'elles ne sont pas assez capitalisées pour affronter le risque de la dette souveraine (les emprunts d'états européens que les banques détiennent dans leurs comptes ont une valeur réelle inférieure à leurs coûts d'achat). Les réactions politiques sont contradictoires : la France annonce des mesures d'austérité, le 28 août, tout comme l'Italie, qui se rétrace quasi immédiatement.
SEPTEMBRE : back in the business
Les ratifications par les Parlements européens de l'extension des capacités de l'EFSF débutent, avec difficulté (Slovéquie, Finlande...). La BCE poursuit ses achats de dette publique (32 milliards d'euros sur le mois), ce qui provoque le départ du représentant allemand à son conseil. L'Allemagne refuse que l'EFSF soit transformée en une banque refinançable par la BCE : des appels du pieds sont lancés vers le FMI, les pays émergents, sans succès. Le FMI refuse de prolonger son aide à la Grèce qui ne peut tenir ses objectifs budgétaires.
OCTOBRE : le monde est aveugle
En Europe, les banques ne se prêtent plus entre elles, ni aux entreprises : le risque de « credit crunch » pèse sur l'économie. Impavide devant l'arrivée de la récession, la BCE refuse de baisser ses taux mais consent à poursuivre ses achats d'emprunts et de refinancement des banques.
L'Italie et l'Espagne voient leurs dettes dégradées.
Le 27 octobre, le sommet européen d'octobre débouche sur quelques points d'accord : « haircut volontaire de 50 % » de la dette greque (l'Etat héllène ne remboursera que la moitié de ses emprunts), rcapitalisation des banques européennes, de 9 % pour la mi-2012, mise en oeuvre de l'extension de l'EFSF. L'Allemagne s'y opposant, le statut de la BCE est maintenu tel quel.
Les rumeurs s'amplifient sur la note AAA de la France, dont le maintien est indispensable à celle de l'EFSF...
NOVEMBRE : la chanson des pipeaux
Revenant chez lui, le premier ministre grec annonce un référendum sur le deuxième plan de sauvetage décidé le 27 octobre : c'est le hola. Le sommet du G 20 des 3 et 4 novembre, tenu à Nice, devait être consacré au sauvetage de l'Europe par le reste du monde. Il servira de vitrine sur la désunion européenne dont les dirigeants ne s'entendent que pour faire pression sur l'Italie et la Grèce. De fait, ces 2 états changent de dirigeants. Ils sont désormais dirigés par des techniciens : l'ex- consultant pour Goldman Sachs Mario Monti pour l'Italie (16 novembre) et, le 10 novembre) Lucas Papademos, ancien membre de la Banque centrale grecque ayant à ce titre préparé son pays à l'entrée dans la zone euro...
L'Espagne et la Belgique aussi sont agitées par des changements politiques. Ces deux pays, comme la France, annoncent des plans d'austérité.
Signe de la gravité de la situation : le 1er novembre, la BCE, dirigée par Mario Draghi après la fin du mandat de Jean-Claude Trichet, baisse ses taux directeurs. Ailleurs dans le monde, l'Australie, le Brésil, la Chine, l'Inde, la Thaïlande assouplissent eux aussi leurs politiques monétaires.
Pour la première fois depuis octobre 2008 (faillite de Lehman Brothers), la Fed et les grandes banques centrales mondiales abaissent de façon concertée le prix d'accès à la liquidité en dollars...
DECEMBRE : ça sent le sapin
Le 5 décembre, Standard & Poor's menace d'abaisser les notes souveraines de tous les pays européens.
Le 9 décembre, les chefs d'Etat de l'Union s'engagent : « fiscal compact » ou traité intergouvernemental de consolidation des finances publiques (dit « règle d'or » en France), avancement d'un an de l'ESM, renforcement des capacités d'intervention du FMI en Europe. La Grande-Bretagne refuse de s'associer à l'accord.
Quant à la BCE, elle abaisse une nouvelle fois ses taux directeurs, le 8 décembre et porte à trois ans les refinancements accordés aux banques. Ses interventions visent à sauver les banques mais elle ne s'engage pas dans le soutien aux Etats.
ET 2012 ? stranger in the night
L'impensable sera là. De même que les dirigeants européens ont commencé l'année 2011 en niant tout risque de défaut de la dette grecque avant de l'accepter et d'en tirer les conséquences, de même, plusieurs tabous vont sauter dans les prochaines semaines.
Celui des notes AAA des dettes européennes ; celui de l'intervention directe du FMI dans les affaires européennes ; celui de l'éclatement de la zon euro...
Un seul souhait : que le tabou de la paix ne saute pas !
08:04 Publié dans La finance, vous pigez ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 29 décembre 2011
La Chine relève ses objectifs dans le solaire
Le ministère de l'énergie chinois vient encore de relever fortement ses objectifs dans le solaire.
D'ici 2015, les capacités devront atteindre 15 gigawatts. Après l'accident nucléaire de Fukushima en début d'année, les autorités avaient déjà augmnté leur objectif 2015, à 10 GW.
Ces ambitions se comparent à une réalité peu brillante : la production solaire chinoise n'était que de 1 GW à la fin de 2010 mais la Chine doit « prouver » qu'elle lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Elle doit aussi assurer un marché minimal à ses constructeurs photovoltaÏques, leaders mondiaux mais gênés par les reculs des subventions dans les pays développés. D
En revanche, les objectifs d'énergie éolienne n'ont pas été modifiés et resetent à 100 gigawatts, dont 5 % proviendront de fermes offshore.
09:29 Publié dans Et ailleurs, c'est comment ?, Les enjeux de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 décembre 2011
Français et Italiens dévoilent leurs programmes d'émissions de dette d'Etat pour 2012
Après l'Agence France Trésor, le Trésor italien vient de dévoiler son programme d'émission d'emprunts pour 2012. La France devrait émettre 178 milliards d'euros, contre 207,8 milliards d'euros cette annEn Italie, les montants sont apparamment plus élevés : 450 milliards pour l'an prochain.
Cependant, les chiffres français ne tiennent pas compte de la « dette sociale » portée par la Cades. L'établissement en charge de l'amortissement de la dette de la Sécurité sociale française a d'ailleurs été mis sous surveillance par l'agence de notation Fitch. Cette dernière a confirmé, le 20 décembre dernier, la note « AAA » des emprunts de la Cades mais les a mis sous perspective négative, comme Standard & Poor's deux semaines auparavant. Le motif invoqué par les deux agences est celui d'un lien direct avec la notation « AAA » de l'Etat français.
La Caisse dirigée par Patrice Ract Madoux a réagi avec vigueur. Elle souligne en effet que la Cades n'a pas de lien avec les ressources de l'état puisque ses ressources sont garanties jusqu'à 2025, le Conseil constitutionnel vérifiant chaque année l'adéquation des ressources de la Cades à l'amortissement de la dette.
Le rappel des faits suffira-t-il à infléchir les agences de notation ? Rien de moins sûr. Les forces lancées dans l'affaiblissement de l'Europe sont la résultante d'une volonté politique. La qualité des arguments importe peu.
17:49 Publié dans La finance, vous pigez ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Areva pourrait sortir d'Eramet
Areva, le producteur français de nucléaire, pourrait céder sa participation de 26 % dans le groupe minier Eramet. Celle-ci serait reprise par le Fonds stratégique d’investissement. Rappelons que Areva a lancé un plan de redressement dont un des volets consiste en des cessions pour plus de 1,2milliard d’euros d’actifs.
Comme Areva, Eramet, coté en Bourse, constitue un actif stratégique pour l’Etat français du fait de ses positions dans le nickel et le manganèse.
11:16 Publié dans Les enjeux de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


