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mardi, 17 mars 2009

Alstom numéro un mondial des réductions de CO2

Tandis que Vallourec se prépare au nucléaire, Alstom s’affermit dans les technologies de réduction de CO2. Avec la plus grande base installée d’amélioration des efficacités énergétiques, il contrôle déjà le quart du marché mondial, de 4 517 GW. Il est aussi très bien placé dans les ECS ou systèmes de contrôle environnemental, avec plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Enfin, il a déjà innové dans les technologies de capture et de stockage du CO2, dites « CCS » : ses 10 projets pilotes ont été montés avec des partenaires tels le chimiste Dow, E-On, Total ou Vattenfall. Sur ces 10 projets, 3 concernent le gaz, 7 le charbon.
Au total, les technologies de réduction de C02 apportent au groupe 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est peu au regard de ses ventes totales, de près de 20 milliards aujourd’hui. C’est prometteur pour les ventes futures : en 2030, selon l’agence internationale de l’énergie, un tiers des centrales d’électricité seront encore alimentées en charbon. Or, la génération d’énergie provoque 41 % des émissions de CO2. La planète ne pourra supporter longtemps la croissance des émissions de CO2. Seules les technologies de CCS permettent de relever le double défi : améliorer la situation de millions d’habitants sur Terre, en leur apportant l’électricité, limiter le réchauffement climatique, en limitant les émissions de gaz à effet de serre.

Le nucléaire s’impose chez Vallourec

Du pétrole au nucléaire : Vallourec, grande entreprise française para-pétrolière, annonce aujourd'hui un projet d’investissement de 80 millions d’euros pour répondre aux demandes de l’industrie nucléaire. 3 sites de production sont concernés.
L’usine de Montbard, en Côte d’Or, augmentera de 1 800 km de tubes aujourd’hui à 4 500 km en 2011 ses capacités de production de tubes en acier inoxydable. Celles des tubes nucléaires des sites de Venarey-Lès-Laumes, en Côte d’Or également, et des tubes soudés en inox et titane à Brunswick aux Etats-Unis seront également renforcées.

Le TALF ou le mal pour soigner le mal

La Réserve fédérale lance aujourd’hui son TALF. Le Talf ou Term asset-backed securities loan facility est un système de « titrisation » du crédit à la consommation. En d’autre terme, il s’agit de relancer les crédits à la consommation en faisant souscrire à des investisseurs des produits financiers complexes, structurés sur les prêts consentis aux entreprises, aux étudiants et autres acheteurs d’automobiles… Le TALF pourra atteindre 1 000 milliards de dollars.
Bizarre, bizarre… N’est-ce pas la titrisation inconsidérée qui a mis la finance, puis l’économie toute entière dans la panade ?

Quand la dette s’accumule…

Tandis que les Etats ne cessent d’émettre des emprunts en pariant sur les capacités à rembourser des enfants et petits-enfants de leurs citoyens, les entreprises tirent la langue. 125 entreprises dont la qualité de la signature (1) est notée par l’agence Standard & Poor’s n’ont pu honorer leurs échéances en 2008.
En Europe, on en compte 7 : l’islandais Glitnir Bank, le marchand de spiritueux français Belvédère, le transporteur Britannia Bulk, la holding italienne de luxe IT Holding, le porcelainier irlandais Waterford Wedgewood et le chimiste hollandais LyondellBasell. Le nom de la septième entreprise défaillante est tenu secret. Au total, il s’agit de 80 milliards d’euros. Aux Etats-Unis, les sociétés en défaut ont été au nombre de 95, pour 337 milliards de dettes.
Et ce n’est pas fini. Une autre agence de notation, Moody's, s’interroge sur la capacité des entreprises américaines à se refinancer au cours des trois prochaines années. Il ne s’agit pas là d'assureurs ou banquiers mais d'entreprises industrielles ou de services. D’ici 2011, elles devront rembourser 300 milliards de dollars d’obligations (99 milliards cette année, 83 l’an prochain et 117 en 2011).
Selon Moody’s, un tiers de cette somme a été emprunté par des entreprises notées « B », habituellement capables de rembourser mais aujourd’hui très gênées par la fermeture du robinet du crédit : « Le risque qui pèse sur le refinancement de 99 mds USD d'obligations arrivant à maturité en 2009 est particulièrement élevé étant donné les conditions actuelles sur les marchés du crédit », relève l’agence. Elle juge le risque du de dépôts de bilan « relativement élevé, car les marchés du crédit restent étroits sur des segments particuliers, et la mauvaise conjoncture économique persiste ».
En attendant, Steve Rattner, le conseiller de Barack Obama pour l’automobile désespère de sauver GM et Chrysler. Ils ont déjà reçu 17,4 milliards de dollars d’aide de l’état fédéral mais en réclament 22 supplémentaires. Malgré leurs contraintes, les 2 constructeurs automobiles ont la main : le coût de leur mise en faillite serait de 100 millliards de dollars pour GM, 25 milliards pour Chrysler. Soit leurs créanciers convertissent leurs prêts en actions, soit l’état fédéral accorde une rallonge supplémentaire.
Bof ! Il n’en est pas à quelques dizaines de milliards près.

 

(1)  La qualité de la signature représente la capacité de l’emprunteur à rembourser ses dettes. Pour les Etats, la meilleure note atteint souvent AAA (prononcer triple A).