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mardi, 10 novembre 2009

Les banques pas sorties d'affaires

Malgré la santé insolente de BNPParibas ou de quelques banques espagnoles, les banques ne sont pas tirées d'affaires. Selon la dernière étude de Moody’s sur la finance mondiale, elles devront refinancer 7000 milliards de dollars de dettes court terme avant 2012 et 3000 autres milliards de dette à plus long terme, entre 2012 et 2015.
Les établissements britanniques et américains sont les plus concernés avec 2000 milliards de dollars de dettes arrivant à échéance avant 2012. 
Selon Moody’s, le refinancement d’une obligation court terme garantie par l’Etat en une obligation à 10 ans renchérirait le coût de refinancement de 7 points de base. L’agence souligne aussi que la maturité moyenne des nouvelles émissions bancaires est revenue, en cinq ans, à 4,2 ans contre 7,2 %, soit la maturité moyenne la plus rapprochée depuis 30 ans, ce qui est un signe clair de fragilité des bilans bancaires.
Du coup, les banques européennes essaient de convaincre leurs autorités politiques nationales de repousser l'adoption des nouvelles règles sur les niveaux de fonds propres, menaçant de limiter un octroi de crédit déjà bien parcimonieux. Cette réglementation entraînerait quelques 200 milliards d'euros d'émissions en un an.

De leur côté, les banques américaines dont les dix établissements les plus importants ont levé quelques 77 milliards de dollars pour renforcer leurs fonds propres viennent de réussir presque toutes les «stress tests» imposés par la Réserve fédérale. Seul GMAC, filiale de financement de General Motors, a échoué à son test de résistance. Elle bénéficiera du Programme de financement de l'industrie automobile mis en place dans le cadre du Tarp (programme fédéral de lutte contre la récession, mis en place à l'automne dernier).

De cette valse de milliards, une certitude : les banques en bonne santé bénéficient, comme les plus atteintes, des soutiens de l'Etat. Elles sortiront plus riches de la crise, ce qui leur permettra de racheter leurs concurrents en convalescence. Il se crée aujourd'hui des mastodontes financiers incontrôlables.

Deux traités pour Copenhague ?

La Conférence sur le climat de Copenhague part sous de mauvais auspices : ce week-end à Barcelone, les représentants des Etats se sont séparés sans parvenir à trouver un accord sur le type de traité qui devra y être signé. On sait que ces grandes réunions ne font qu'entériner les résultats des négociations entamées bien en amont. Or, les pays développés ont failli quitter la table des discussions tant les oppositions paraissent irréconciliables.
L'alternative pour Copenhague, COP 15 pour les initiés, est simple. Soit reprendre, en l'amendant, le protocole de Kyoto, soit signer un nouveau traité dit LCA -Long-term Cooperative Action.
Le protocole de Kyoto est entré en vigueur en février 2005. Il a été ratifié par 172 pays, les Etats-Unis refusant d'en être signataires. Par ce traité international, les 38 pays les plus riches de la planète se sont engagés à réduire, d'ici 2012, de 5 % leurs émissions de gaz carbone par rapport aux niveaux de 1990. Aucune obligation n'a été imposée aux pays pauvres. C'est pour ce motif que les Etats-Unis ont refusé de ratifier le traité, arguant du fait que la Chine, second émetteur mondial de gaz à effet de serre, n'était pas contrainte à réduire ses émissions.
Ce qui a été prévu lors de la réunion sur le climat à Bali en 2007 est que, après 2012, le protocole de Kyoto pourra rester en vigueur, de nouvelles cibles étant fixées pour les pays riches.
Le LCA, également décidé à Bali, est plus ambitieux : il vise à inclure les Etats-Unis dans le processus, tout en demandant un effort aux pays en développement. C'est là-dessus que les discussions ont achoppé à Barcelone. D'un côté, les Etats-Unis privilégient la mise en place de systèmes légaux nationaux -les «pledge and review »- par lesquels chaque Etat reste libre de fixer ses objectifs tout en acceptant qu'ils soient soumis au contrôle des autes Etats. Les Américains et les autres pays riches veulent aussi que le LCA ne se limite pas aux réductions d'émissions de gaz mais intègre des actions de mise en place d'énergie renouvelable. De l'autre côté, les pays en développement menacent eux aussi de partir si les engagements de réduction d'émissions de carbone ne sont pas inclus dans le LCA.
On comprend donc que le risque d'un échec au terme de la réunion du 7 au 18 décembre prochain ne peut être exclu. Même si un traité a minima est signé, il faudra au minimum deux ans avant que ne soit vraiment mis en place le nouveau pacte.