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jeudi, 03 décembre 2009

Montée en puissance de l'extra-financier dans le CAC 40

« Très forte montée en puissance de l'engagement des groupes du CAC 40 dans l'extra-financier ». Tel le titre de l'étude que Capitalcom produit, pour la deuxième année, sur la communication et les pratiques des sociétés du CAC 40.
Les auteurs de l'étude ont distingué 5 groupes : GDF Suez, Danone, Suez Environnement et Lafarge. Des habitués des premières places.
Plus intéressante apparaît la diffusion des bonnes pratiques. Ainsi de l’indexation d’une partie de la rémunération variable des managers sur des critères extra-financiers, adoptée par 12 sociétés, contre 4 en 2007. Ou encore de la création d'un comité extra-financier au sein des Conseils
d’administration, au nombre de 10 en 2009 contre 5 deux ans plus tôt. Enfin, les sociétés sont toujours plus nombreuses à rattacher la direction du Développement durable au Comité exécutif ou de direction : 17 groupes, contre 8 en 2007.
L'intégration des impératifs de responsabilité sociale des entreprises se lit dans la mise en place d'objectifs chiffrés, adoptés par les deux tiers des sociétés du CAC 40. Capitalcom cite l'exemple de Lafarge, le plus ambitieux, dont les objectifs vont de la  diviser par 2 le taux de fréquence des
accidents de travail, doubler la proportion de femmes au poste de cadres supérieurs, mener un
audit environnemental sur 100% des sites, doter 85% des carrières d’un plan de réhabilitation,
réduire les émissions nettes mondiales de 20% entre 1990 et 2010...

Pour retrouver l'intégralité de l'étude...

 

Comment la Grèce a échappé à la faillite

Si Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, l'affirme, alors c'est vrai, la Grèce « n'est pas et ne sera pas en état de faillite ».
Le sauvetage d'un des pays les plus anciens de la zone euro ne fait pas les gros titres ce matin. Malgré son Parthénon et ses îles, la Grèce est moins glamour que Dubaï et ses tours de Babel.
Que se passe-t-il en Grèce ? Depuis deux mois, les obligations de l'Etat grec chutent sur les marchés boursiers. Concrètement, l'écart de rendement entre les emprunts d'Etat allemands et grecs atteint aujourd'hui 200 points de base : pour trouver un acheteur, l'Etat grec doit lui offrir une rémunération supérieure à celle des autres Etats de la zone.
Les investisseurs se méfient, à juste titre, d'un pays dont la dette atteint 113 % du PIB et le déficit 12,7 % de ce même PIB. Déjà impressionnants, ces ratios seront dépassés l'an prochain : pour rembourser sa dette existante, l'Etat devra émettre près de 45 milliards d'euros en 2010, soit ... 19 % de son PIB, et presque 60 milliards en 2011, soit ... 25 %.

Normalement, la solidarité financière entre Etats membres de l'Union européenne et monétaire n'a pas prévue par les traités de la zone euro. Dans l'esprit de ces derniers, elle en était même bannie, chaque Etat s'étant engagé à l'orthodoxie financière. Dans la pratique, la violence de la crise actuelle impose un changement des comportements. Ainsi que l'a reconnu, lundi 1er décembre, le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, « les problèmes de la Grèce sont les problèmes de la zone euro ».
Réunis mercredi 2 décembre à Bruxelles, les ministres des finances de l'Union se sont donc engagés à apporter leur aide à l'Etat, sous des formes que précisera peut-être aujourd'hui l'EcoFin.

En échange, le nouveau gouvernement -socialiste- s'est engagé sur un budget de rigueur pour 2010 de rigueur visant à ramener à 9,1 % le déficit du PIB en 2010. Il devra, aussi, engager des réformes structurelles, notamment pour les régimes de retraites. En d'autres termes, la Grèce sera encore en récession dans les 2 à 3 prochaines années au moins. Sera-ce tenable dans un pays où la jeunesse s'est violemment révoltée il y a un an ? Où la fragilité du système bancaire grec, largement refinancé par la Banque centrale européenne, lui interdit toute politique de crédit active à l'économie ? Où, surtout, la classe politique a pris de vieilles habitudes de mensonge sur la situation réelle de l'Etat ?
La Grèce et non plus la Turquie est le malade de l'Europe. Et son virus est l'un des plus contagieux qui soit.