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mercredi, 20 janvier 2010

Vers une taxe des profits bancaires en France ?

Après Obama, les dirigeants politiques européens taxeront-ils les banques ? C'est ce que propose le gouvernement suédois et les premières réactions sont positives : Christine Lagarde estime « intéressant le principe consistant à mettre en place un régime d'assurance pour des risques systémiques » tandis que, pour le Ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, il s'agit d'une « proposition importante » qui pourrait être adoptée lors du prochain G20.
Rappelons que la taxe Obama s'appliquera, dès le 30 juin prochain, aux 35 établissements américains et à 15 de leurs filiales étrangères dont le total du bilan excède 50 milliards de dollars. Conçue pour pénaliser les banques à haut effet de levier, elle devrait remporter quelques 90 milliards sur dix ans, couvrant la quasi-totalité du programme TARP d'aide aux banques (117 milliards).En Europe, les banques françaises dont le modèle se fonde sur la co-existence des métiers d'investissement et de réseau ne devraient pas trop souffrir, Dexia exceptée.
Il est très probable que les dirigeants européens dupliquent la taxe Obama. Elle renflouera des Etats très déficitaires, tout en satisfaisant une opinion publique excédée de la rapidité du retour à la rentabilité de banques aidées à la fois par les contribuables et par les banques centrales. Ces dernières pratiquent depuis plus d'un an une politique de taux directeurs très bas grâce auxquels les établissements financiers ont pu reconstituer leurs marges bénéficiaires, alors que ni les particuliers ni les entreprises n'en profitent. Au contraire, le robinet du crédit reste toujours verrouillé.
Dans le même temps, cette taxe sonne comme l'aveu d'impuissance des politiques incapables de mener une véritable stratégie économique et industrielle. En ponctionnant les profits des banques, elle confortera ces dernières dans leur avarice et dans leur refus de pratiquer leur véritable métier, celui du crédit. L'économie des pays « développés » n'est pas près de se redresser durablement...


Le paradoxe de l'ISR immobilier

L'immobilier est le secteur d'activité le plus concerné par les deux Grenelle de l'environnement. Pourtant, alors que l'ISR ou « Investissement social responsable » ne cesse de s'étendre à de nouvelles classes d'actifs, le monétaire aujourd'hui après les actions et les obligations, l'immobilier semble exclu par les investisseurs ISR. Un paradoxe d'autant plus étonnant que le Private equity et la gestion de fortune intègrent désormais de façon croissante les considérations « éthiques » dans leur politique de gestion.
Les chercheurs de l'UFG-LFP, société de gestion de quelques 30 milliards d'euros, se sont donc penchés sur la question. Dans leur dernière revue, ils font précéder leur analyse d'un avertissement : « la minceur des preuves empiriques de l’intérêt financier de la démarche pour les classes d’actifs traditionnelles (voire, en ce qui concerne les obligations et pour l’heure, de leur absence totale). Cette lacune rend illusoire toute promotion quantitative de l’ISR pour les classes nouvellement concernées. »

Il n'en reste pas moins que l'immobilier, composante essentielle de la vie sociale, est le premier concerné par le dévelopement durable : il consomme 36 % de l’énergie produite dans le monde, l’industrie du bâtiment rejette près de la moitié des déchets industriels. Par ailleurs, 60 % de la population mondiale vivront en zones urbaines en 2030 tandis que 23 mégapoles regroupent déjà près de 10 % de celle-ci.
Pour appliquer la démarche ISR immobilier, l'investisseur se trouve confronté à l'importance du non-quantifiable : comportement des entreprises de construction ; consommation de surface ; transports ; insertion dans les tissus urbains, économique, social, sportif, culturel ; conditions de fonctionnement ; relations bailleur-preneur, etc... Autant d'inconnues en face desquelles pèse peu l'avantage du « green-building », dont le surcoût de construction est quantifiablement compensé par l'amélioration des cash-flows ultérieurs.

Malgré ces manques, les auteurs de l'étude mettent en avant trois arguments pour s'intéresser à la qualité ISR globale des actifs : la qualité d'actif de long terme de l'immobilier, le niveau d'une qualité globale de la bonne gouvernance des firmes et, enfin, le fait que l'immobilier est l'un des premiers vecteurs de la croissance mondiale.

Et de conclure :« Dans le domaine des valeurs mobilières, la recherche commence à produire des preuves empiriques que la raison et l’intuition ne se trompent guère en privilégiant la démarche de responsabilité. Dans l’immobilier, il va falloir en rester au stade de la conviction pour encore quelques temps. Mais les enjeux y sont tellement plus évidents que cela devrait suffire. »