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jeudi, 17 mai 2012

Le G8 se prépare à l'explosion de la zone euro

C'est la panique en Grèce : depuis lundi, les citoyens se ruent dans les banques pour retirer leurs avoirs, au rythme de 800 millions d'euros par jour. Ils craignent que la sortie de leur pays de la zone euro et, donc, le retour à la drachme, ne provoquent un effondrement de la valeur de leur épargne.
Ce n'est pas la première fois que les Grecs retirent massivement leur argent. Cependant, le scénario est différent de celui d'avril 2010, avec des sorties massives de capitaux suivies d'un premier plan de sauvetage européen.
Ce n'est pas la panique parmi les dirigeants du G8 qui se réuniront demain et samedi à Camp David aux Etats-Unis mais le sauve-qui-peut parmi les étrangers à la zone euro (Canada, Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni et Russie).
Barak Obama a ainsi comparé hier la crise gréco-européenne à une tempête qui pourrait mettre à bas le rebond encore fragile de l'économie européenne. Quant au premier ministre angalais David Cameron, il a été clair hier à Manchester : « soit l'Europe a une eurozone engagée, stable et réussie avec des systèmes de pare-feux efficaces (...), soit nous sommes en territoire inexploré, porteur de risques énormes pour tout le monde. (...) Quel que soit le chemin qui sera prix, je dois faire tout ce qui est nécessaire pour protéger mon pays et mettre à l'abri notre économie et notre système financier. »
Selon le Centre for Economic and Business Research, une sortie programmée de la Grèce coûterait 300 milliards de dollars à la zone euro, soit 2 % de son PIB, et une sortie désordonnée 5 % du PIB, soit plus de 10 milliards de dollars.
Pour notre part, nous estimons qu'une perte franche serait préférable à un pourrissement de la situation.
Et les propos tenus hier à Dublin par Charles Dallara sur une éventuelle sortie de la Grèce de l'eurozone qui provoquerait des dégâts « allant de la catastrophe à l'Aragmeddon » doivent être remis dans le contexte : le chef de l'International Institute of Finance, lobby bancaire mondial, a mené les négociations de l'hiver sur la dette grecque détenue par des investisseurs privés et a intérêt, à ce titre à ce que la pays reste dans l'Union monétaire.
En revanche, l'attitude de la Banque centrale européenne ces derniers jours est un signal fort sur une sortie programmée de la Grèce. Côté geste, elle a coupé les prêts aux banques grecques qui n'ont pas asez renforcé les fonds propres. Côté parole, elle a fait parlé mardi à la chaîne anglaise BBC son directeur général Benoît Coeuré : nous ne sommes plus dans la situation de l'automne dernier, lorsque les « banques européennes affrontaient des difficultés aigües à se refinancer et que nous étions au bord d'un effondrement du système bancaire de la zone euro ».
Autrement dit, les banques européennes autres que grecques sont aujourd'hui sauvées sinon entièrement guéries et ont plus à craindre d'un maintien de la Grèce dans le système que d'une sortie. A deux exceptions près, l'Irlande et, peut-être, l'Espagne.
Déjà, les techniciens de la finance se préparent au retour du drachme, notamment dans le réseau interbancaire Swift, où ils ne lui ont pas encore donné de code. Du côté grec, un gouvernement de transition vient d'être nommé ce matin avec Georges Zanias, ancien négociateur de la restructuration de la dette, aux finances. Il est prévu pour durer jusqu'aux prochaines élections du 17 juin mais pourrait durer plus comme ce fut le cas de la Belgique sans gouvernement durant un an et demi.

 

 

L'économie sociale et solidaire au gouvernement : c'est quoi ?

Petite partie de rigolade ce matin en écoutant l'interview à 7 heures 50 sur RTL de Benoît Hamon, tout juste nommé ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire.
Le porte-parole du parti socialiste a eu de la chance : son interwiewer en savait autant que lui sur l'économie sociale et solidaire.
Question : Qu'est-ce que c'est ?
Réponse : les coopératives, les mutuelles... 10 % du PIB français !
Ouf, manifestement, le nouveau ministre avait appris ses « éléments de langage ». Une fois sa toute petite leçon récitée, il a pu en venir aux choses sérieuses, telles les répartitions de postes.

Espérons que nous n'ayons pas à faire encore du mauvais esprit, tant l'économie sociale et solidaire peut être un moteur de croissance. Pour l'instant, laissons Benoît Hamon s'installer...

Négociations bidon sur le changement climatique à Bonn

 

Malgré les arrière-pensées et l'échec de la Conférence de Durban de novembre dernier, les négociations sur le changement climatique se poursuivent.
A Bonn en Allemagne, durant les deux dernières semaines de mai se tiennent des négociations dans le cadre de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques ou CCNUCC.
Plusieurs dossiers sont sur la table.
Il s'agit d'abord de l'élaboration d'un outil juridique qui remplacera le protocole de Kyoto et deviendra contraignant à partir du 1er janvier 2018 ou du 1er janvier 2021. Rappelons que ce dernier n'a pas été ratifié par les Etats-Unis, notamment en raison de l'absence d'engagement quantifié de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays émergents.
Ensuite, les états industrialisés présenteront les propositions pour la période allant du 1er janvier 2013 (date de la fin du protocole de Kyoto) au 31 décembre 2017 ou au 31 décembre 2020, date d'entrée en vigueur du futur outil juridique. Déjà, on sait que seulement sept signataires de Kyoto seulement ont chiffré leurs propositions d'« objectifs quantifiés de réduction et de limitation des émissions de gaz à effet de serre ou QELRO (Quantified Emission Limitation and Reduction Objective) : l'Australie, la Croatie, le Kazakhstan, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, l'Union européenne et la Suisse. La Russie et le Japon, de toute façon incapable de satisfaire à ses propres objectifs après son abandon de l'énergie nucléaire, n'ont pas soumis de propositions, tout comme le Canada. Le premier fournisseur de pétrole et de gaz de schiste des Etats-Unis a fait part de cette décision à Durban, en décembre dernier.

 

Les propositions de l'Union européenne à la CCNUCC reprennent les engagements du « Paquet énergie climat » de 2008, soit une baisse des émissions de GES (gaz à effet de serre) de 20 % au moins par rapport à 1990. Nouveauté : l'Union se déclare partisan d'une période de transition allant jusqu'à 2020 et non pas 2017, avec une révision à mi-parcours.

Quelles soient les déclarations officielles d'ici une quinzaine de jours, on sait malheureusement que rien dde concret ne devrait sortir de ces négociations. Déjà, la faiblesse du nombre de propositions augure de la poursuite de l'échec.
A croire que cette réunion n'aura pour but que de faire plier l'Union européenne sur le sujet de la prise en compte des émissions de GES par l'aviation civile. Nous en avons longuement parlé ici, notamment le 22 décembre 2011 et le 30 mars dernier. Dans le bras de fer qu'elle a engagé avec les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, la Commissionne pourra tenir que si elle a une conviction politique forte. Qui la lui donnera ?