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mercredi, 04 janvier 2012

10 à 15 milliards d'euros pour la sécurité des centrales nucléaires d'EDF

Hier, l'Autorité de sûreté nucléaire a rendu hier son rapport sur les tests de résistance post-Fukushima des centrales nucléaires françaises d'EDF
Le verdict est clair : pas de fermeture de centrale mais des travaux de sécurité à réaliser « dans les meilleurs délais ». L'ASN exige que les exploitants nucléaires et les producteurs - soit Areva, le Commissariat à l'énergie atomique et l'institut de recherche Laue-Langevin- lui présentent d'ici le 30 juin  juin « un noyau dur » de nouvelles dispositions pour affronter les crises.
Le montant des travaux ? autour de 15 milliards d'euros selon des sources de l'ASN, de 10 milliards selon EDF. Ce dernier souligne par ailleurs que ces investissements s'inscriront dans l'enveloppe de 40 à 50 milliards d'euros déjà prévue pour l'allongement de 40 à 60 ans de la durée de vie des centrales.
La facture pour les ménages ? « moins de 2% d'augmentation des factures d'électricité » selon le ministre de l'Energie, Eric Besson.

Soulignons qu'en Belgique aussi les mêmes tests de résistance ont été menés. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire exclut toute fermeture de centrales mais exige la construction d'une digue autour de la centrale de Tihange, sur la rive de laMeuse. Cela dans un contexte politique qui a programmé, en automne dernier, la fin progressive du nucléaire, de 2015 à 2025.




 

lundi, 02 janvier 2012

Les aciéristes chinois boycottent le plan de réduction des émissions de CO2

Bien embêtée la World Steel Association ! En 2007, ce regroupement des grands producteurs d’acier mondiaux avait lancé un plan mondial de réduction des émissions de gaz carbonique. Ce plan avait débuté par la création d’une base de données dans laquelle les volumes et les types d’émissions d’une usine étaient croisés avec les technologies utilisées dans cette même usine. Il devait déboucher sur un partage des connaissances sur les techniques de réduction d’émissions.
Ce sujet est crucial pour le climat de la Terre : l’aciérie est, après l’électricité, l’industrie la plus émettrice de dioxyde de carbone. En 2010, elle aurait ainsi contribué à 6,5 % des émissions de gaz carbone, soit un volume estimé à 2,5 milliards de tonnes (contre 8 % pour l’électricité).

Or, ce plan de réduction est menacé les producteurs chinois qui, le mois dernier, ont refusé de participer au plan. Sans leur collaboration, le plan de la WSA perd toute signification : la Chine produit 40 % de l’acier mondial et 44 % des émissions de CO2. Pour essayer de rallier les producteurs chinois, la WSA avait pris pour président Zhang Xiaogang, lui-même dirigeant du groupe chinois Anshan Iron & Steel. Mais ce dernier, comme ses compatriotes, a refusé d’adhérer au plan de la WSA.
L’argument officiel est le risque concurrentiel lié à la fourniture de données sur les technologies utilisées dans les usines. En réalité, les fournisseurs chinois refusent toute entrave à leur essor économique.
Dommage pour la planète : déjà, entre 2006 et 2010, les émissions de CO2 par les aciéries ont bondi de 2 à 2,5 milliards de tonnes, les Chinois.

mardi, 13 décembre 2011

Areva dans la tourmente

La chute de la demande de nucléaire après la catastrophe de Fukushima affecte le groupe français. Areva devrait accuser à la fin de l’année une perte opérationnelle de l’ordre de 1,5 milliard d’euros. 

D’où le gel des embauches en France, une baisse des effectifs en Allemagne et un plan de redressement, pompeusement baptisé « Action 2016 ».

Les actions constitueront essentiellement à diminuer les investissements et à réduire les coûts. Ainsi, l’usine d’enrichissement Eagle Rock qui devait être construite aux Etats-Unis est abandonnée. Par ailleurs, les comptes d’Areva enregistreront une dépréciation de 1,46 milliard d’euros sur le site minier d’UraMin qui s’est révélé un achat décevant

Quant à la diminution du nombre de postes, elle portera sur  6 000 salariés, soit 12.5% des effectifs du groupe, dont 1 200 à 1 500 en Allemagne.

samedi, 05 novembre 2011

Les 29 banques dangereuses pour l’économie mondiale continueront d’exister

Hier, le Comité de Bâle a énoncé les règles de capitaux propres pour les banques « systémiques ». Ce qualificatif est utilisé pour les établissements financiers dont une faillite provoquerait des conséquences majeures mondiales. 

Sur les 73 plus grandes banques au monde, le comité a recensé 29 banques systémiques. 17 d’entre elles sont européennes.

Il s’agit, en France, de Crédit Agricole, BPCE (Banques Populaires-Caisses d’épargne), Société Générale et BNP-Paribas. 4 banques britanniques ont été répertoriées : HSBC, Barclays, Lloyds Banking Group, et Royal Bank of Scotland.
En Allemagne, deux banques sont concernées, Commerzbank et Deutsche Bank, tout comme en Suisse, avec le Credit Suisse et UBS. Ailleurs en Europe, citons Dexia (désormais sous tutelle de la Caisse des Dépôts et Consignations française), ING Bank, Nordea, Santander et Unicredit Group.

Aux Etats-Unis, il s’agit de : Bank of America, Bank of New York Mellon, Citigroup, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, State Street, Wells Fargo.

Enfin, 4 banques seulement se trouvent en Asie: Bank of China, Mitsubishi UFJ FG, Mizuho FG, Sumitomo Mitsui FG.

Toutes ces banques devront présenter, à partir du 1er janvier 2016, un « tapis » de fonds propres plus épais que celui des autres banques. Leur ratio Core Tier-one (mesure des fonds propres en actions) devra être de 8 à 9,5 %, au lieu des 7 % obligatoires.

2016, c’est encore loin. Aussi les 29 banques de la liste devront-elles dès la fin de 2012 préparer un plan de liquidation ordonnée ou de redressement que devra valider le Comité de Bâle.

Pourtant, une banque systémique, quel que soit son ratio de fonds propres, reste un danger pour l’économie mondiale.

Il existe une solution simple pour éradiquer ce risque systémique. C’est de séparer les activités de banques d’investissement et de banques de dépôt. Cette solution, elle a déjà été adoptée. En 1933 aux Etats-Unis, le président F. D. Roosevelt la faisait adopter par le Congrès sous le nom de Glass-Steagall Act. Les pays européens ont repris cette législation après 1945.
Cette loi simple et protectrice fut abandonnée à la fin des années 80 en Europe, à la fin des années 90 aux Etats-Unis. On en a vu les résultats…

jeudi, 20 octobre 2011

Délit d’entente entre les banques européennes ?

Hier la Commission européenne a perquisitionné certaines banques qu’elles soupçonnent de pratiquer une entente illicite sur le marché interbancaire de l’Euribor.
L’Euribor est le taux de rémunération de l’argent que les 44 plus grandes banques établies en Europe se prêtent chaque jour. Ce taux est fixé chaque jour à 11 heures pour des échéances allant d’une semaine à 12 mois. L’Euribor 3 mois est la base du marché des swaps et au marché à terme Euribor du LIFFE.
Selon l’agence d’informations Reuters, la filiale londonienne de Deutsche Bank aurait été visitée par les agents de la Commission, tout comme, selon le Wall Street Journal, une grande banque française. La Fédération bancaire européenne conteste, bien entendu, les soupçons de la Commission.
Ces défiances réciproques n’augurent rien de bon pour la stabilité financière de l’Union.

mardi, 20 septembre 2011

L'industrie agro-alimentaire au ban des accusés à l'ONU

Ban Ki-moon a été sévère hier devant l‘Assemblée générale annuelle des Nations Unies. Pour le secrétaire général de l'ONU, les entreprises agroalimentaires « placent la santé publique en situation de risque afin de protéger leurs propres profits ».
Cette déclaration a été faite à la suite d’une réunion de haut niveau sur la santé publique et les maladies non transmissibles. Cancers, diabète et affections respiratoires chroniques sont responsables de 36 millions de morts par an dans le monde, soit 63 % des décès. Pour une grande part, ces derniers sont liés à l’alcool, au tabagisme, et aux nouveaux modes alimentaires.

Or, selon Margaret Chan, directrice de l’Organisation Mondiale de la Santé, « les aliments préparés riches en sel, graisses saturées et sucres sont devenus les nouveaux aliments de première nécessité dans quasiment toutes les régions du monde ».


Alstom veut capturer du CO2 chinois

Alstom s'associe au chinois Datang pour capter le dioxyde de carbone de deux centrales à charbon en Chine. Les projets seront opérationnels en 2015, dans une centrale à charbon de 350 mégawatts à Daqing, dans le nord-est de la Chine, et dans une autre de 1.000 mégawatts à Dongying, à 400 kilomètres à l'est de Pékin. Cette alliance s'inscrit dans la stratégie du groupe qui conduit actuellement 16 projets pilotes ou de démonstration de captage de CO2.


vendredi, 12 août 2011

La sortie du nucléaire pèse sur les groupes énergétiques allemands

RWE et E.ON souffrent. Le premier a accusé une perte de 229 millions au cours du deuxième trimestre 2011, imputable à la nouvelle taxe sur le combustible nucléaire, ainsi qu'aux provisions nécessaires à la couverture de démantèlement des centrales. RWE a fermé 2 réacteurs sur 4 après que le gouvernement allemand a décrété un moratoire sur le nucléaire en mars dernier.

Quant au second, E.ON, lui aussi et pour les mêmes raisons, se retrouve en perte sur la période avril-juin.

Il a déjà annoncé la suppression de 14 % de ses effectifs, soit plus de 10 000 personnes.

D'où viennent les attaques en Bourse contre les banques françaises

Ce jeudi 11 août, BNPParibas, BPCE (Banques Populaires Caisses d’Epargne), Crédit agricole et Société générale poursuivent leur dévissage en Bourse.
Hier, nous indiquions, chiffres à l'appui, que la défiance des investisseurs à l’égard des 4 banques provenaient de leur exposition aux dettes souveraines d’Etats européens eux-mêmes sous le coup de suspicion : Espagne, Grèce, Portugal mais aussi Italie et France.
On sait aujourd’hui que plusieurs banques asiatiques sont à l’origine de ces ventes massives de titres bancaires français, non pas directement mais parce que les investisseurs savent que ces dernières ont coupé leurs lignes de crédit aux institutions françaises.
Selon Dow Jones Newswires, une institution bancaire asiatique, non nommée, aurait ainsi, depuis plusieurs jours, reconsidéré ses lignes de crédit aux banques européennes.  Selon l’AFP, ce serait depuis 2009 que les grandes banques de l’Asie du sud-est ont réduit « jusqu’à l’os » leur exposition aux banques européennes.

Le hic, ce n’est pas la défiance des asiatiques à l’égard des européennes, c’est celui des européennes entre elles : leurs dépôts de facilité auprès de la Banque centrale européenne s’élèvent à 145 milliards d’euros, leur niveau le plus élevé depuis août 2010. 

C’est le signe que la circulation de la monnaie est ralentie en Europe. Les crédits aux entreprises vont encore diminuer et la croissance économique, déjà handicapée par les plans de rigueur, va ralentir un peu plus…

jeudi, 11 août 2011

Derrière la chute de la Société générale, le risque de liquidité bancaire

Le dévissage boursier de la Société générale ne serait dû qu'à une fausse rumeur en provenance de l'Angleterre ?
Répondre positivement serait prématuré. Certes, le risque de faillite de la banque française est risible. En revanche, sur les marchés financiers, on n'attaque que les faibles.
Examinons donc la situation de la Société générale.

A l’issue des stress tests bancaires auxquels l’Autorité bancaire européenne (EBA, European Banking Authority) avait soumis 91 banques européennes pour en fournir les résultats en juillet dernier, la
Société générale avait eu une note médiocre.

DES RESULTATS MEDIOCRES AUX STRESS TESTS DE JUILLET
Rappelons que la méthodologie de l’étude de résistance des banques se fondait sur 2 scénarios, l’un dit de base, relativement favorable (croissance de 1 ,5 % dans la zone euro, chômage au taux de 10,9 %), l’autre dit adverse (baisse de 0,6 % du PIB européen, chômage au taux de 11,5 %).
A ces 2 hypothèses s’ajoutaient des risques de chocs souverains, de repli du marché immobilier, de hausse du coût du refinancement à court terme des banques. Dans tous les cas, les banques devaient attester d'un ratio « Core Tier 1 » de 5 % (ce ratio mesure la résistance des fonds propres des banques).

A priori, les banques françaises, dont la Société générale, s’en sortaient bien avec un ratio moyen de 7,5 % pour le scénario adverse. Sur les 91 établissements européens testés, 8 étaient recalés et 16 se situaient juste au-dessus du ratio minimal, entre 5 et 6 %.
Le satisfecit n’était qu’apparent. D’abord, le résultat de la Société générale -6,6 %, de « Core Tier 1 », était tangent. Ensuite, plus généralement, les hypothèses de travail de l’EBA avaient exclu les risques de défaut de remboursement par un Etat alors que ces derniers sont désormais avérés pour la Grèce.

Enfin, si la défiance s’accroît sur la Société générale, c’est aussi que son passé ne plaide pas en sa faveur. Sans remonter jusqu’aux pertes provoquées par Jérôme Kerviel, rappelons simplement que, il y a un an à peine, la FSA, autorité britannique de contrôle des marchés financiers, infligeait à la banque française 1,9 million d’euros pour des manquements, sur deux ans, dans 80 % de ses reporting sur transactions financières...

LE PIRE EST-IL A VENIR ?
La Société générale, pour l’instant, paraît l’arbre qui cache la forêt. Certes, son exposition aux dettes souveraines des Etats européens les plus fragiles est élevée : 13,5 milliards d’euros d’exposition à la dette espagnole, 6,6 milliards d’euros à la dette grecque, 20,9 milliards à la dette irlandaise, 1,3 milliard à la dette portugaise.
Mais sur les 3 autres banques françaises avec qui la Générale contrôle 80 % du marché français, 2 autres sont aussi très exposées, notamment à l’Italie.
Pour BNPParibas, les montants sont de 34,4 milliards pour la dette espagnole, 8,5 milliards pour la dette grecque, 7,7 milliards pour la dette irlandaise, 139,6 milliards pour la dette italienne et 8,1 milliard pour la dette portugaise.
Au Crédit Agricole, l’exposition à la dette espagnole ressort à 14,9 milliards d’euros, celle à la dette grecque à 27,1 milliards, à la dette irlandaise à 6,8 milliards ; à la dette italienne à 83,5 milliards et, enfin à 3,2 milliards pour la portugaise.
Seule la BPCE (Banques Populaires-Caisses d’Epargne) affiche des expositions moins élevées, de 38,14 milliards d’euros au total, mais son résultat aux stress tests n’a été que de 6,8 %. 

Le risque de liquidité bancaire s’accroît donc en France. La défiance des marchés financiers à l’égard de la Société générale se traduira par une réticence des autres banques à se financer sur le marché
interbancaire où elles s’échangent leurs créances. 
Elles iront donc se financer auprès de la Banque centrale européenne, qui a d'autres chats à fouetter en ce moment, et/ou limiteront leurs prêts à l'économie. 





 





samedi, 06 août 2011

Saignée sociale dans les banques européennes

Les nouvelles régulations Bâle 3 de solvabilité des banques auront un impact social élevé. Les établissements financiers devront réduire leurs coûts de 10 %, soit quelques 30 000 postes dans la seule ville de Londres.
Au Royaume-Uni, HSBC supprimera 30.000 postes d'ici à 2013, soit 10 % de ses effectifs. Lloyds Banking Group allègera de 15 000 salariés ses effectifs d’un montant total de 112 000 aujourd’hui. Barclays et Royal.
En Italie, Intesa supprimera 4 000 postes d’ici 2013 et en réaffectera 5 000 autres vers le commercial. –
En Suisse, Credit Suisse rayera 2 000 postes dans sa banque d'investissement, tandis que UBS en supprimera 5 000 postes, en banque d'investissement et en banque privée. 

vendredi, 05 août 2011

Suez Environnement toujours plus rentable

Après que Veolia Environnement a lancé, vendredi dernier, un avertissement sur résultat, son concurrent Suez Environnement a annoncé, lui, de très bons chiffres semestriels.
Les deux groupes évoluent pourtant dans le même contexte un peu dégradé : baisse des tarifs de l’eau en Europe et des prix des déchets recyclés un peu partout dans le monde.

jeudi, 28 juillet 2011

Reporting sociétal de l’article 225 de Grenelle 2 : Entreprise et Progrès s’impatiente

Vincent Prolongeau, président d'Entreprise et Progrès, association de chefs d’entreprise, écrit une lettre ouverte au Premier ministre François Fillon. Le sujet du libelle ? le retard pris dans la publication du décret de l’article 225 de la loi de l’environnement Grenelle 2.

Rappelons que cet article 225 étend l’application de l’article 116 de la loi NRE votée en 2001. Ce dernier demandait aux entreprises cotées de fournir à leurs actionnaires des informations RSE ou de « responsabilité sociétale et environnementale ».

Aujourd’hui, l’article 225 étend à toutes les entreprises de plus de 500 salariés l’obligation de reporting sociétal, et non plus aux seules sociétés cotées; cette obligation vaut aussi pour les filiales alors qu’auparavant seules les sociétés mères étaient concernées ; ce reporting devra être audité par un tiers indépendant ; enfin, les entreprises devront utiliser des indicateurs de mesure comparables.

Problème : le décret d’application de l’article 225 n’est toujours pas paru alors qu’il concerne les comptes 2011 des entreprises… La raison ? un lobbying intense des entreprises qui le trouvent trop contraignant et l’atermoiement des pouvoirs publics, Bercy et le ministère de l’environnement se renvoyant la patate chaude.

Entreprise et Progrès ne conteste cependant pas la validité de l’article 225. Il s’insurge contre le retard pris dans la publication du décret d’application.

Voici le contenu de sa lettre :

« Monsieur le Premier ministre,

Au nom de nombreuses entreprises engagées dans une démarche de progrès envers la Société qui caractérise notre association depuis son origine, nous avons pris position récemment sur l'enjeu de la croissance durable.

Dans un rapport intitulé "Compétitivité française et développement durable" qui a retenu l'attention de nombreux acteurs et qu'il nous a été demandé de présenter à l'Elysée, Entreprise et Progrès insiste en particulier sur l'utilité pour notre compétitivité économique d'investir dans les technologies "vertes" et d'améliorer les méthodes de débat public afin d'affirmer une responsabilité sociétale qui rassure les interlocuteurs de l'entreprise. Nous restons ainsi fidèles à la devise de notre association depuis sa création en 1970 qui invite à mettre "L'entreprise au coeur de la Cité".

Nous savons que ces orientations sont partagées par votre Gouvernement et qu'elles ont inspiré de nombreuses dispositions des lois dites Grenelle, qui constituent à nos yeux des avancées très réelles. C'est notamment le cas de l'article 225 qui élargit le champ du reporting sociétal et qui le structure, rejoignant ainsi une incitation publique à la RSE qui se fait jour de plus en plus dans les grands pays.

Pour autant, cette disposition attend toujours son décret d'application, que la loi avait posé au premier janvier de cette année. Ce retard fait courir aujourd'hui une incertitude sur la volonté du Gouvernement d'appliquer cette réforme qui nous inquiète particulièrement, non seulement parce que les entreprises attendent ces éléments réglementaires après de longues réunions de concertation, mais aussi parce que cette référence officielle sera un encouragement à la responsabilité des acteurs économiques dans la mondialisation sans fausser le jeu concurrentiel.

A l'instar d'autres représentations professionnelles qui soutiennent cette disposition adoptée lors du Grenelle de l'environnement ( voir Collège des directeurs de développement durable), notre association sollicite de votre part une publication rapide du décret d'application de l'article 225 de la loi Grenelle 2, pour que celles des entreprises concernées les plus avancées en RSE, puissent dès 2011 publier leur rapport et le faire-valoir.

Nous vous remercions de bien vouloir prêter attention à cette demande, conscients comme nous que plus de retard n'apparaisse chaque jour comme un signal contradictoire par rapport aux orientations majeures  que le Chef de l'Etat a annoncé devant l'OIT lorsqu'il a très judicieusement indiqué que le droit social et le droit de l'environnement ne devaient pas être moins considérés dans le monde que le droit aux échanges.

Nous restons à disposition de vos services pour préciser nos analyses, si vous le souhaitiez, et dans l'attente de cette décision, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre plus haute considération. »

mercredi, 27 juillet 2011

15 fonds critiquent l’absence de stratégie de British Petroleum

Carl-Henric Svanberg, dirigeant de la major pétrolière britannique BP, est critiqué publiquement par 15 gérants actionnaires pour le flou de sa stratégie. Depuis plus d’un an, BP accumule les échecs : marée noire dans le golfe du Mexique l’été dernier puis abandon récent de l’alliance avec le russe Rosneft, censée lui apporter une « croissance forte et durable ». L’annonce hier mardi de résultats semestriels décevants a été pour ces investisseurs l’occasion de lancer un avertissement : ils veulent une communication claire et régulière sur la stratégie du groupe.

mardi, 26 juillet 2011

Après l’informatique et la finance, l’audit se délocalise en Inde

Le Financial Reporting Council, organe de régulation des experts-comptables au Royaume-Uni, s’inquiète : après Ernst & Young l’an dernier, le cabinet d’audit PwC (ex-PricewaterhouseCoppers) veut délocaliser une partie de sa production en Inde. En 2010, 2 % de son travail d’audit était déjà réalisé à l’étranger, à Calcutta et à Katowice, en Pologne ; d’ici 2014, cette proportion monterait à 20 % pour Calcutta seul. 

Alors que le FRC s’inquiète de la qualité de l’audit ainsi mené, sans contact physique avec le client, PwC réplique : « l’objectif pour nous n’était pas une réduction des coûts. C’est une amélioration de la qualité ».

Pas sûr cependant que le cabinet puisse mener à bien et totalement cette délocalisation. Ernst & Young qui, l’an dernier, voulait inciter ses partenaires et dirigeants britanniques à délocaliser une partie de leur production en Inde a dû faire marche arrière. Les objectifs chiffrés imposés à ses dirigeants ont été supprimés et les délocalisations de procédure ont été soumises à l’approbation de leurs clients.

vendredi, 08 juillet 2011

Les voitures électriques de Renault auront 18 mois de retard au moins

Renault a pris du retard dans son programme de voitures électriques. Le groupe automobile devait lancer la production de ses batteries électriques à Flins au début du second semestre 2012. Cependant, la construction de l'usine ne débuera pas avant le premier trimestre 2012. 

A priori, il semble que le financement du projet, au départ aidé par l'Etat mais finalement entièrement assumé par Renault, soit en cause. En fait, ce serait la pertinence et la maturité de la technologie choisie par le groupe qui seraient soumises à caution...

Renault persiste cependant : dès la rentrée prochaine apparaîtront les versions électriques de la berline Fluence et de l'utilitaire Kangoo, suivies de la mise sur le marché du quadricycle Twizy, en fin d'année, puis de la voiture Zoe, en 2012. Ces véhicules utiliseront des modules de AESC, la coentreprise créée entre Nissan et le japonais NEC, et des pièces du coréen LG Electronics.

lundi, 30 mai 2011

Les greenpalms, ou le détournement d'une bonne idée

 

L'huile de palme, peu la connaissent. Elle est pourtant présente dans un produit alimentaire élaboré sur deux. Obtenue à 85 % à partir des plantations malaisiennes et indonésiennes, son exploitation est accusée de provoquer de graves dommages environnementaux, en terme de déforestation notamment.   

Aussi, en septembre 2008, les utilisateurs d'huile de palme se sont-ils réunis au sein de la RSPO ou Roundtable on sustainable palm oil. De leurs travaux est née Greentable, plateforme de négoce de certificats en ligne destinée à soutenir la production « durable » d'huile de palme, appelée Greenpalm. En moins de trois ans, la plateforme d'enchères a vendu près de 1,5 millions de certificats qui ont permis de reverser aux producteurs d'huile durable près de 12 millions de dollars.

Concrètement, un certificat correspond à une tonne d'huile brute durable mise aux enchères sur le site GreenPalm et achetée par des industriels alimentaires. En achetant des certificats, ces derniers justifient donc de leur soutien à l'exploitation durable de l'huile durable et du respect de leurs obligations RSE, mais ils peuvent continuer à se fournir auprès de producteurs « classiques », non respectueux de l'environnement...
Aussi plusieurs ONG environnementales s'inquiètent-elles aujourd'hui de ce détournement du GreenPalm et demandent aux industriels d'arrêter d'acheter des certificats pour se tourner vers des achats directs d'huile durable. Principaux visés : Unilever, multinationale hollando-britannique et premier acheteur mondial d'huile de palme, ainsi que les américains Kellogs et Avon Products, qui achètent toute leur huile « durable » par certificats...

On remarquera cependant qu'il n'est pas obligatoire de recourir à l'huile de palme pour fabriquer des biens alimentaires. Findus ou Casino par exemple ont décidé de ne plus l'utiliser et préfèrent recourir à l'huile de colza...


 

mardi, 29 mars 2011

La résolution de Phitrust sur les sables bitumeux de Total ne passera pas en AG

Un traître ? n'allons pas jusque là mais il y a une dimension théâtrale dans les déboires de la SICAV Phitrust avec le groupe pétrolier Total.

Dans les principaux rôles, Phitrust est une Sicav gérée par PhiTrust Active Investors, société de gestion française qui « développe des stratégies d'engagement actionnarial pour pousser les entreprises cotées à améliorer leur gouvernance et à prendre en compte les enjeux du monde actuel ».

Total est un groupe pétrolier et chimique français, la cinquième majeure pétrolière mondiale.

Le lieu de la pièce ? l'assemblée générale de Total, fixée au 13 mai.

Le ressort du drame ? l'implantation de Total au Canada où il veut exploiter du pétrole à partir des sables bitumeux (voir notre billet du 17 février).

Malheureusement, la pièce est annulée faute de résolution.

Phitrust, Sicav actionnaire de Total, avait en effet réuni vingt investisseurs institutionnels européens pour déposer, de concert, une résolution à soumettre à l'assemblée générale des actionnaires. Cette résolution à caractère environnemental visait à interroger les dirigeants et administrateurs sur la légitimité de l'activité d'extraction de sables bitumeux, très polluante pour l'environnement. Pour que la résolution soit inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée, il faut que ses initiateurs détiennent au minimum 0,5 % du capital de la société. 

La résolution a été déposée le 17 mars, date limite légale du dépôt de la résolution. A cette date, les initiateurs du projet détenaient 0,905% du capital de Total.

Une première défection officielle parmi les « assaillants » intervenait le 23 mars : 0,22 % du capital en moins. Elle était insuffisante pour que la résolution soit retirée de l'ordre du jour.

Le vendredi 25 mars, la résolution était encore portée par des actionnaires détenant 0,684% du capital. 

Cependant, une autre défection, de taille, allait intervenir : PhiTrust Active Investors ne l'apprendrait que le lundi 28 mars dans l'après-midi. Le dépôt du projet de résolution était donc rejeté. 

« Nous regrettons cette situation, dont nous n'avions pas été informés, et de ce qu'elle exprime comme méfiance de la part de TOTAL face à toute forme de débat approfondi avec ses actionnaires », communiquent les dirigeants. « Depuis la création de notre Sicav PROXY Active Investors, après 26 dépôts de résolutions, c'est la première fois que des actionnaires retirent leur dépôt après l'avoir présenté à la société émettrice. »

Sur le plan réglementaire, Total est dans son droit le plus strict. Sur le plan de son image, il a sans doute commis une faute.

 

mercredi, 09 mars 2011

Iberdrola retire Renovables de la Bourse madrilène

Les énergies renouvelables et la Bourse ne feraient-elles pas bon ménage ? L’espagnol Iberdrola annonce qu’il va retirer sa filiale Renovables du marché, trois ans à peine après son introduction en Bourse. Certes, la valorisation de sa filiale n’était pas exceptionnelle et insuffisante, selon la maison-mère, à financer les investissements. 

Le retrait de la cote permettra cependant à Iberdrola de faire un deuxième coup  diminuer la participation d’ACS dans son capital. Le groupe de BTP détient 20 % de ses actions et n’a pas caché sa volonté de monter jusqu’à 30 % au moins.


jeudi, 17 février 2011

Apple informe sur ses liens avec les fournisseurs

Mis en cause il y a quelques mois par l'ONG chinoise Ma Jung, Apple réplique aujourd'hui par la publication de son rapport sur ses liens avec ses fournisseurs, « Apple's supplier responsibility : 2011 Progress Report ».
Le fabricant d'ordinateurs et autres I-Phone, I-Pad, I-Touch, etc, a conduit une démarche d'audit approfondie sur les comportements de ses fournisseurs, situés pour la plupart en Chine.

Le groupe de Steve Jobs est allé plus loin en recourant aux expertises du GESI, « Global e-Sustainability Initiative », et à celles de l'EICC, Electronic Industry Citizenship Coalition » pour vérifier les conditions dans lesquelles sont extraits les minéraux et métaux nécessaires à la fabrication de ses produits : tungstène, tantale, or, wolframite... Cette initiative n'est pas isolée : AMD, IBM, Oracle ou encore Foxconn et Intel se sont unis pour vérifier si l'extraction de ces ingrédients ne sert pas à alimenter des luttes politiques, voire des guerres civiles, comme en République démocratique du Congro.

Au total, Apple joue la transparence : ses auditeurs ont ainsi mis en lumière le fait que, dans dix usines, des enfants étaient employés (jusqu'à 43 dans l'une d'entre elles). Autres agissements condamnables : l'usage de reportings salariaux indiquant des rémunérations supérieures à la réalité, l'utilisation non précautionneuse du produit chimique n-hexane, ou une maltraitance à l'égard des salariés débouchant sur des vagues de suicides. Apple explique aussi quelles sont les mesures qu'il a prises face à ses déviances : arrêt des commandes, soutien aux directions humaines des entreprises concernées, suivi des mesures prises...

Avec ce rapport, Apple refaçonne une image citoyenne mise à mal ces derniers mois.